Culture

Dans le cadre de son court séjour au Maroc, du 5 au 8 septembre, initié par l’ambassade britannique à Rabat, la professeure britannique de renommée internationale de Cambridge, spécialisée dans l’histoire antique et l’archéologie classique, Mary Beard, effectue des visites à quelques sites historiques, notamment Chellah, Volubilis et Lixus, ainsi que des musées marocains.

Très content de cette première visite au Maroc du professeur et spécialiste de l’archéologie classique, Mary Beard, Son Excellence l’ambassadeur du Royaume-Uni à Rabat, Thomas Reilly, n’a pas manqué d’évoquer l’importance des relations bilatérales entre nos deux pays qui ne se limitent pas à la politique, à la sécurité ou à la lutte contre le terrorisme, mais sont beaucoup plus larges et incluent, entre autres, l’éducation, la culture et le sport. «Donc, au cours de notre dialogue stratégique au mois de juillet, un des quatre piliers fut les échanges culturels. Moi, je suis absolument ravi que la professeure Mary Beard soit venue, car elle compte parmi les plus célèbres experts dans l’archéologie romaine. Le fait qu’elle soit au Maroc prouve notre intérêt pour votre histoire, qui fait partie de notre histoire. J’aimerais que ce soit une première visite d’exploration dans certains sites et qu'elle soit suivie par d’autres pour plus d’échange entre nos deux pays et, pourquoi pas, pour réaliser un film documentaire sur ces sites».

Une idée très réalisable, puisque la professeure Mary Beard, lors de sa visite au Musée archéologique de Rabat, a été incroyablement impressionnée par les richesses qu’il renferme. «Elle nous a donné l’idée de faire des échanges sur le plan muséal, afin que vos bronzes viennent à Londres et les nôtres soient vus au Maroc. 
Et c’est là où le curateur du Musée nous a révélé que le sous-sol du Musée cache davantage de trésors de ce genre».
À ce propos, l’ambassadeur du Royaume-Uni suggère un autre type de partenariat concernant l’entretien et la conservation de ces pièces muséales uniques. «C’est une relation bilatérale large et profonde que nous espérons avoir avec le Maroc, comme inviter des archéologues marocains au Royaume-Uni. J’espère faire venir une exposition du célèbre sculpteur Henry Moore. Mais il y a déjà un échange entre la fondation des musées britanniques et celle du Maroc pour former ceux qui veulent devenir curateurs de musées. En dehors de ce secteur, nous travaillons pour des partenariats dans le domaine musical, théâtral, cinématographique…» 

Signalons que Mme Beard est professeure de lettres classiques à l’Université de Cambridge et membre du Newnham College, ainsi que de l’Académie Royale des arts. Mme Beard est une des personnalités féminines les plus connues au Royaume-Uni. Elle écrit régulièrement pour le blog du supplément littéraire du Times «A Don’s Life». Comme elle a réalisé quelques documentaires pour la BBC sur l’histoire ancienne et sur l’Empire romain.

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Questions à Mary Beard, professeure à Cambridge et spécialiste  en archéologie classique

«Je trouve que la collection de bronze 
du Musée archéologique de Rabat est l’une des meilleures au monde»

Quel est le but de votre visite au Maroc ?
C’est la première fois que je viens au Maroc pour visiter quelques sites archéologiques et musées. Je suis contente d’être ici pour plusieurs raisons, mais plus particulièrement en tant que spécialiste du monde antique. Car quelques-uns des vestiges romains les plus impressionnants et les plus instructifs se trouvent en Afrique du Nord. Le lendemain de mon arrivée, j’ai visité le musée archéologique de Rabat et j’ai été vraiment émue par les sculptures de bronze. Je trouve que c’est l’une des meilleures collections de sculptures romaines au monde. C’était un grand plaisir pour moi de les voir de très près. Car je connaissais ces sculptures à travers les livres, mais en les voyant devant moi, c’était très émouvant.

Y aura-t-il une suite à cette première visite aux sites du Maroc ?
Je ne sais pas pour le moment. Je suis en train de faire une série de documentaires pour la BBC. Ce serait merveilleux de venir filmer au Maroc tous ces trésors. Parce qu’il y a des monuments et des objets très importants que les Anglais ne connaissent pas.

Pourra-t-il y avoir une possibilité d’échange de pièces muséales entre le Maroc et le Royaume-Uni ?
Ce serait excellent. D’ailleurs, moi aussi j’ai pensé à cela et je vais discuter avec quelques amis responsables des musées britanniques de la possibilité de réaliser ce projet.

Quels sont les pays possédant  des sites romains que vous avez déjà visités ?
J’ai déjà été en Algérie, en Tunisie, en Grèce, au Liban, en Écosse, et je trouve que les monuments de l’Afrique du Nord sont très intéressants.

En tant que femme, était-il facile pour vous de devenir ce que vous êtes ?
Je suis optimiste en observant, dans le cours de ma carrière, une révolution dans les fonctions occupées par les femmes. Par exemple, quand j’étais étudiante, il y avait seulement 10% d’étudiantes femmes à l’Université de Cambridge. Maintenant, ce pourcentage atteint 50%. Néanmoins, il y a toujours des obstacles pour les femmes à détenir des postes de haut niveau. Leur voix n’a jamais autant d'autorité que celle de l’Homme. Dans les conférences et séminaires, ce sont en majorité les hommes qui prennent la parole. Quand les femmes la prennent, souvent elles ne sont pas écoutées. Moi, j’ai eu de la chance, j’ai beaucoup travaillé pour accéder à ce poste, et j’ai eu le soutien de mon époux. C’est toujours plus difficile pour une femme que pour un homme d’accéder à des postes de responsabilité. 

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