Économie

Contraintes budgétaires, recettes de l'IS en baisse, PIB faible… autant d’indicateurs qui placent le projet de loi de Finances 2019 dans un contexte difficile, voire compliqué. Nos deux invités de «L'Info en face» s'épanchent sur les défis à relever par le nouveau ministre de l'Économie et des Finances.

Q ue faut-il attendre de la loi de Finances 2019 ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les invités de L’Info en Face, Adil Diouri, directeur des Études & Communication chez Inforisk, et Mehdi El Fakir, analyste économique. Une entrée en matière difficile pour le nouveau ministre de l’Économie et des Finances qui coïncide aussi avec un contexte social spécifique, notamment le boycott, ses répercussions sur les entreprises et ses dimensions sociales, lance d’emblée Diouri. 
«Ce PLF doit donc répondre aux attentes de la société et apporter les solutions nécessaires», indique-t-il. Même son de cloche auprès d'El Fakir qui souligne que la marge de manœuvre budgétaire dont dispose le ministre se trouve réduite. «Il va falloir sortir du schéma classique limité aux allocations budgétaires pour aller vers l’amélioration de l’efficacité budgétaire», résume-t-il.
La tâche est d'autant plus difficile que la majorité des indicateurs sont dans le rouge : les recettes de l'impôt sur les sociétés (IS), idem pour les IDE et le marcher boursier. Sans compter une conjoncture internationale difficile qui ne manquera pas d'impacter le PIB du pays, déjà faible. À tout cela s’ajoute un autre facteur de la plus haute importance : l’essoufflement du modèle économique marocain.
Que faire face à cette situation et quelles seront les priorités du ministre Mohamed Benchaâboun ? Pour El Fakir, il est important de mettre en place une politique économique. «Arrêtons de penser que ce ministère ne s’occupe que des Finances. Il gère deux portefeuilles : Économie et Finances», insiste-t-il. Et de souligner que la conjoncture actuelle nécessite de nouvelles idées pour mieux gérer les ressources. À ses yeux, le nouveau ministre de l’Économie et des Finances «doit changer de philosophie pour avoir la maitrise de la situation». 
De nouvelles idées pour optimiser la gestion économique et financière du pays, c’est également la priorité pour Diouri qui estime que l’enjeu de cette loi de Finances est principalement micro-économique. Il a à cet égard rappelé la réunion du Chef du gouvernement, début août, avec les analystes économiques pour réfléchir sur les axes de la relance économique dans le Royaume. Ces échanges ont montré que l’un des principaux objectifs pour lesquels la loi de Finances devrait œuvrer est la relance de l’investissement privé. En effet, de nombreux mécanismes pourraient être adoptés pour garantir une hausse des IDE. 
Par ailleurs, avertit El Fakir, la relance ne devrait pas s’appuyer sur la dette, «à moins que nous puissions garantir la rentabilisation et la profitabilité de cette dette», ce qui nécessite un travail de gouvernance et de pilotage.                             

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