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Le secrétariat d’État en charge de l’Eau, dirigé par Charafat Afilal, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a été supprimé le 20 août. Depuis cette date, le microcosme politique attendait la réaction du PPS. Le parti a ainsi rendu public un communiqué politique, plein de messages, suite à la réunion de son bureau interpellant en premier lieu le Chef du gouvernement et toute la majorité gouvernementale.

Tant la majorité gouvernementale que l’alliance stratégique liant le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Parti du progrès et du socialisme sont menacées de s’écrouler. Est également en péril l’unité du PJD où des militants appellent le secrétaire général du parti, qui est en même temps le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, à apporter des éclaircissements et à tenir les instances du parti informées des raisons qui ont motivé la décision de la majorité de supprimer le secrétariat d’État en charge de l’Eau. Car c’est là la goutte qui risque de faire déborder le vase.
En effet, depuis le 20 août, à la suite de l’approbation par S.M. le Roi de la proposition du Chef du gouvernement de la suppression du secrétariat d’État chargé de l’Eau, la réaction du PPS était attendue par le microcosme politique. Or le parti de Nabil Benabdellah a pris tout son temps et n’a convoqué son bureau politique que mardi pour annoncer sa réaction. La réunion a eu lieu au lendemain d’une rencontre des dirigeants du parti avec le Chef du gouvernement. Ainsi, un communiqué politique, comportant cinq principaux messages, a été lu par le secrétaire général du parti, Nabil Benabdellah, expliquant les positions et décisions du parti du livre à ce sujet.
Premièrement, il a fait les louanges de Charafat Afilal, en tant que secrétaire d’État chargée de l’Eau, mais aussi en tant que militante. Un éloge au début du communiqué comme pour dire que l’ancienne ministre n’a commis aucune faute justifiant son limogeage. Le communiqué s’est ensuite attardé pour expliquer que le parti n’arrive pas à admettre ce «limogeage» dont les raisons restent inexpliquées. À ce niveau, le PPS souligne que le ministre de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau est partie prenante de cette décision proposée par le Chef du gouvernement. Le PPS rappelle à l'appui de cette idée que cette proposition a concerné uniquement le secteur de l’Eau et aucun autre département gouvernemental. «Une décision prise sans prendre en compte les règles politiques et éthiques qui s’imposent dans la gestion des relations au sein de toute majorité gouvernementale mature. Des règles qui sont à prendre en compte encore plus quand il s’agit de respecter les relations particulières qui réunissent notre parti et le parti du Chef du gouvernement», a souligné le communiqué du PPS. Dans le même sens, le PPS a dévoilé dans ce communiqué qu’il y a un malaise au sein de la majorité gouvernementale en ce qui concerne les attributions des secrétaires d’État par rapport aux ministres qui dirigent leurs départements. Ce qui représente le troisième message distillé à travers ce communiqué politique. Le même document a interpellé le Chef du gouvernement pour s’expliquer devant l’opinion publique, mais également devant les militants du PPS et du PJD sur la manière dont il a géré le dossier de la suppression du secrétariat d’État en charge de l’Eau. En dernier lieu, le communiqué du parti du livre laisse entendre qu’il donne un délai au Chef du gouvernement pour s’expliquer.

En effet, le PPS a convoqué son instance décisionnelle, le comité central, qui va se tenir le 22 septembre. Le message qui se lit entre les lignes est que le PPS risque de quitter le navire de la majorité et de mettre fin à l’alliance stratégique qui lie le PPS au PJD depuis le premier gouvernement Benkirane. Ce qui est de nature à satisfaire les attentes d’une grande partie des militants du PPS qui a toujours considéré comme inadmissible l’alliance d’un parti communiste avec un parti islamiste.
Par ailleurs, le secrétaire général du PJD, qui se trouve au centre de nombreuses critiques, doit non seulement faire face aux risques de dislocation de sa majorité, mais également aux cris qui s’élèvent au sein même de son parti. En effet, certaines voix ont saisi cette occasion pour dénoncer la non-tenue des instances décisionnelles du parti, qui doivent être informées des décisions prises. Elles ont également considéré que le dialogue tenu par le PJD en interne ne donne pas ses fruits et qu’il y a une tendance de la part de la direction du PJD à étouffer toutes les voix divergentes et non conformes aux positions officielles du parti. 
À ce titre, Amina Maalaynain, membre du conseil national, appelle à la tenue du conseil national pour discuter de cette actualité. Cela prouve l'ampleur du malaise que l’affaire Charafat Afilal crée au sein même du PJD. 

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