Fête du Trône

Le Royaume a été élu en janvier dernier pour un mandat de deux ans au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Pour beaucoup d’observateurs, cette élection est de nature à insuffler une nouvelle dynamique à cet organe stratégique de l’UA, à conforter sa place et à conférer plus d’efficacité et de pertinence à son action. «Elle consacre le rôle constructif et productif du Maroc, ainsi que son approche pragmatique et solidaire, en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique», estime Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

Vendredi 26 janvier 2018 est une date qui marque un nouveau succès de la diplomatie marocaine dans l’arène de l’Union africaine (UA). Ce jour-là, le Royaume a été élu pour un mandat de deux ans au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS). Quelques mois seulement près le retour triomphal du Maroc à sa famille institutionnelle panafricaine, le Maroc a fait donc son entrée dans l’une des plus importantes structures de l’UA. Le CPS est en effet l'organe chargé de faire exécuter les décisions de l'Union. Son mode de fonctionnement est largement inspiré du modèle du Conseil de sécurité des Nations unies. 
Pour Nasser Bourita, cette élection constitue à la fois une reconnaissance du leadership de Sa Majesté le Roi, un témoignage de confiance fort des États africains frères et une expression de l’appréciation de l’engagement concret et de longue date du Royaume sur le continent africain. 
«Elle consacre le rôle constructif et productif du Maroc, ainsi que son approche pragmatique et solidaire, en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique», avait souligné le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, dans une intervention lors d'un séminaire sur «L’amélioration des méthodes de travail du CPS de l’UA».
Depuis le 1er avril dernier, le Maroc siège au CPS, nonobstant les manœuvres ourdies par certaines parties hostiles qui ont tenté d’entraver son entrée au sein de cet organe stratégique de l’organisation panafricaine. Pour le chef de la diplomatie marocaine, «la crédibilité du Royaume et la reconnaissance de l’action du Roi ont prévalu». Mais si certains ne voyaient pas d’un bon œil la démarche du Royaume, d’autres, et ils sont nombreux, la trouvent bienvenue puisqu’elle est de nature à insuffler une nouvelle dynamique, à conforter la place du CPS et à conférer plus d’efficacité et de pertinence à son action. Le Maroc compte en effet mettre à la disposition de cet organe sa riche expérience dans les Opérations de maintien de la paix, en matière de consolidation de la paix et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.
Des analystes et des observateurs n’ont d’ailleurs pas manqué de le souligner. Il en est ainsi de Liesl Louw-Vaudran, consultante au sein de l'Institute for Security Studies (ISS), un think tank basé à Pretoria (Afrique du Sud) qui a affirmé que le Maroc sera «certainement» un acteur décisif tout au long de son mandat au sein du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. 
Dans une allocation à l'ouverture du séminaire sur «L'amélioration des méthodes de travail du CPS de l’UA», Mme Louw-Vaudran a indiqué que dans un monde où la solidarité internationale et le multilatéralisme sont menacés, l'UA est en train de forger et de promouvoir la coopération continentale à tous les niveaux, qu'il s'agisse du commerce interafricain, de la promotion de la libre circulation des peuples ou de la réduction au silence des armes. 
En ce sens, «le CPS a un rôle vital à jouer sur toutes ces questions et le Maroc sera certainement un acteur décisif tout au long de son mandat», a-t-elle analysé, notant que le retour du Maroc à l'UA est un «événement clé» dans l'histoire de cette institution, au même titre que son élection au CPS.
Cette élection intervient au moment où l'institution est confrontée à un grand nombre de défis, notamment la résolution de conflits et de crises très complexes, a fait remarquer Mme Louw-Vaudran, soulignant que les problèmes auxquels le continent est confronté sont «graves» et, certains d'entre eux, comme les conflits au Sahel, en Somalie, au Soudan du Sud, au bassin du Lac Tchad, sont inscrits à l'agenda de l'UA et du CPS depuis des années.
La vice-présidente de l'Université Mohammed V de Rabat, Ilham Berrada, a abondé dans le même sens, relevant la participation active du Maroc à la consolidation des fondements de la sécurité dans les différents pays d’Afrique, à travers l’intermédiation politique, les visites officielles diplomatiques, ainsi que l’envoi de militaires pour le maintien de la paix et de la sécurité. 
«Sa réussite dans cette expérience lui a justement permis d’être élu en tant que membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, avec un mandat de deux ans, à compter de cette année, dans le but de renforcer les capacités de ce Conseil et promouvoir son rôle afin que le continent africain puisse bénéficier de plus de paix et de stabilité, ce qui va se répercuter de façon positive sur la prospérité économique, le bien-être social, l’enrichissement urbain ainsi que le progrès civil», a-t-elle expliqué.

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