Économie

Ouverte au public en 2001, Bank Of Africa (BOA)–Sénégal est aujourd’hui l’une des institutions de référence dans le secteur bancaire sénégalais. Dans ce marché très concurrentiel de 25 banques, BOA-Sénégal figure pour l’instant dans la moitié supérieure. Son ambition est d’intégrer le top 3 des banques sénégalaises dans les prochaines années, en capitalisant notamment sur l’expertise d’un groupe puissant et structuré à l’image de sa maison mère Groupe Bank Of Africa, filiale du géant BMCE Bank Of Africa.

Le Matin : Quelles ont été les performances commerciales et financières de Bank Of Africa–Sénégal en 2017 ?
Abdel Mumin Zampalegre :
BOA – Sénégal a connu un exercice 2017 très positif, avec une évolution significative de ses performances et indicateurs.
En effet, la Banque a développé son réseau pour se rapprocher de sa clientèle avec l’ouverture de 13 nouveaux points de vente, devenant ainsi le deuxième réseau bancaire sénégalais avec 55 points de vente, bien répartis sur le territoire.
Ce maillage nous permet d’élargir notre base clientèle de 28,2% et d’afficher 272.766 millions de FCFA (4.582 millions de DH) d’encours de ressources et 241.763 millions de FCFA (4.062 millions de DH) d’emplois nets fin décembre 2017.
Le Produit net bancaire croît de 15,1% entre 2016 et 2017 et passe de 21.985 à 25.301 millions de FCFA (425 millions de DH). 
Le résultat net 2017 est quant à lui multiplié par 2,5 et arrêté à 10.114 millions de FCFA (170 millions de DH).

Le paysage bancaire au Sénégal est très riche, comptant 29 acteurs à fin juin 2018, dont 25 banques et 4 établissements financiers. Comment se positionne aujourd’hui BOA–Sénégal dans ce paysage ?
Pour schématiser, le marché sénégalais, effectivement très concurrentiel, peut se diviser en 3 groupes : le top 3, un milieu de marché de 6 banques, et un troisième et dernier groupe de 16 banques. 
BOA–Sénégal occupe pour l’instant la septième place, avec une part de marché de 6,5%, pour les emplois et la quatrième, avec une part de marché de 8,7%, pour les ressources. Nous sommes donc pour l’instant dans la partie haute du milieu de marché et ambitionnons d’intégrer le top 3 dans les prochaines années.

Que fait BOA–Sénégal pour l’inclusion financière et l’amélioration de la bancarisation dans le pays ?
Investir dans un important réseau physique est une contribution concrète pour une inclusion financière plus large, dans la mesure où la banque se rapproche partout de la clientèle. 
Nous développons, par ailleurs, des relations de partenariat avec des institutions de microfinance que nous refinançons, leur donnant ainsi des ressources pour l’accompagnement de leur clientèle.
Enfin, nous proposons des produits simples et abordables, spécialement conçus pour s’adapter à des besoins élémentaires. Par exemple, nous diffusons un produit nommé «Pack Mon Business» qui offre un service bancaire basique, mais néanmoins complet pour les petits opérateurs de l’informel.

Que proposez-vous pour les Sénégalais résidant à l’étranger, notamment en Europe ?
Nous avons une offre spécifique dédiée à la diaspora que nous accompagnons, notamment avec des produits de transferts d’argent et d’épargne. Une partie de cette offre est proposée par BOA–France, une autre filiale Bank Of Africa basée à Paris, interface efficace avec notre clientèle diaspora.
Nous sommes également en train de finaliser une nouvelle offre intégrant des solutions de financement, pour l’immobilier par exemple.
De plus, grâce à notre implantation dans des régions connues comme zones de départ et de retour d’émigrés, nous proposons des produits d’épargne leur permettant de réaliser des investissements, principalement des projets de construction, ou de se lancer dans les activités commerciales. 
Enfin, notre offre monétique et transfert permet d’envoyer de l’argent aux parents restés au village facilement et simplement.
L’expérience de BMCE Bank en matière d’accompagnement des Marocains résidant à l’étranger nous est très utile pour parfaire une offre adaptée. 

Le marché des PME est en plein essor au Sénégal. Comment BOA–Sénégal accompagne-t-elle ce segment d’entreprises ?
Nous accordons une place importante au financement des PME PMI, qui constituent les acteurs principaux de nos économies. Nous accompagnons aussi bien les investissements que les besoins courants d’exploitation. Les PME représentent aujourd’hui 8% en moyenne de notre portefeuille 
de crédit.
Ce chiffre est destiné à augmenter dans les années à venir, autant par intérêt pour ce segment de clientèle que par volonté stratégique de diversification.
Nous avons récemment signé avec la SFI une garantie de portefeuille pour un partage de risque dans le financement des PME PMI, ce qui nous permet aujourd’hui de renforcer une offre sur mesure et un accompagnement spécifique.

Qu’en est-il des marchés Corporate et financier ?
Nous accompagnons traditionnellement cette cible pour tous ses besoins, aussi bien pour le haut que le bas du bilan. 
Nous avons, en fait déployé le business model de BMCE Bank en créant des Centres d’affaires, agences entièrement dédiées à la clientèle Corporate. Nos 2 Centres d’affaires regroupent l’ensemble des compétences utiles à l’entreprise, de la fonction caisse à celle des opérations internationales, sans oublier les conseils juridiques.
Le marché Corporate est très dynamique au Sénégal, avec des besoins de financement de plus en plus importants et de mieux en mieux structurés. Bank Of Africa–Sénégal s’efforce d’y apporter des réponses adaptées, notamment dans les domaines des BTP et de l’agro-alimentaire, axes majeurs du Plan Sénégal Emergent initié par le Gouvernement. 
La Banque reste cependant extrêmement attentive aux contraintes liées à la mobilisation des ressources, et au respect des récentes dispositions en matière de gestion prudentielle.

BOA–Sénégal est cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières. Quel bilan jusqu’ici de vos performances et activités à la BRVM ?
La Banque est cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) depuis le 10 décembre 2014. C’est la quatrième filiale du groupe Bank Of Africa et la seule banque sénégalaise à être cotée. 
En 2017, sa performance boursière s’est nettement améliorée. La performance globale, qui tient compte du rendement du dividende et de la performance du titre, est passée de -38,7% fin 2016 à 8,6% fin 2017.
En 2017, compte tenu des contraintes règlementaires, nous avons également procédé à une augmentation du capital en suivant 2 dispositifs : par «incorporation de réserves avec attribution d'une action nouvelle pour une action ancienne» et par «fractionnement par 10 du nombre de titres de valeur nominale initiale 10.000 FCFA».
BOA–Sénégal conduit une politique prudente de gestion et cherche en permanence l’équilibre entre la distribution de dividendes et la conformité avec les exigences réglementaires de la BCEAO sur le renforcement des capitaux propres.
Il faut néanmoins reconnaître que, malgré des performances remarquables, le cours boursier de la Banque a faiblement évolué. Nous essayons d’y remédier par une intensification de notre communication financière.

Le Gouvernement sénégalais a consenti ces dernières années des efforts d’investissement considérables pour soutenir la croissance inclusive. Il prévoit 11,3 milliards de dollars pour l’exécution de son projet triennal d’investissement public 2018-2020. Quel est le soutien de BOA–Sénégal aux investissements publics et aux projets structurants ?
L’intervention de BOA – Sénégal dans l’économie sénégalaise est très importante et traduit notre confiance dans l’économie nationale. À titre d’exemple, nous avons assuré le financement de construction de l'Université Amadou Makhtar Mbow, pour 46.000 millions de FCFA (773 millions de DH), en syndication avec des filiales du Groupe. S’y ajoute le financement d’un nouveau système de production d’identification biométrique, pour 25.000 millions de FCFA (420 millions de DH). Bank Of Africa – Sénégal a également mobilisé 5.000 millions de FCFA (84 millions de DH) pour le financement de domaines agricoles communautaires. Elle a, en outre, participé au financement du programme d’entretien des travaux routiers pour 25.000 millions de FCFA (420 millions de DH) sur un montant global de 372.000 millions de FCFA codirigé par Ecobank et UBA.

Comment évolue le taux de risque au sein de BOA–Sénégal et quelle stratégie pour faire face aux créances en souffrance et aux impayés ?
Notre modèle consiste à faire de bons crédits, même si, bien évidemment, vous ne pouvez pas avoir un niveau de risque zéro.
Nous avons une organisation qui nous permet de gérer les risques dès les premières difficultés, jusqu’au recouvrement. 
Nous fonctionnons depuis maintenant quelques années avec une méthodologie élaborée avec BMCE Bank. Troïka dans les accords de crédits, cellule de gestion préventive qui appuie le dispositif commercial pour des recouvrements à l’amiable, cellules pré-contentieux, contentieux et recouvrement composent un dispositif très efficace.
Notre coût du risque a ainsi enregistré une amélioration remarquable puisque divisé par 11 en seulement un an pour s’établir à 0,2% des encours moyens de crédits en fin 2017.
La professionnalisation de la filière recouvrement a également engendré d’importantes reprises de provisions.
Cette dynamique est maintenue et complétée par une task force qui a pour objectif de réduire le niveau des créances en souffrance, mais également de prendre en compte les nouvelles contraintes règlementaires.

Quelles synergies entre BOA–Sénégal, le Groupe Bank Of Africa (BOA) et BMCE Bank pour se renforcer ?
En tant que filiale, BOA-Sénégal, bénéficie d’un appui technique qui couvre tous les métiers de la Banque de la part du Groupe Bank Of Africa. Celui-ci définit également la stratégie globale que la Banque doit suivre.
Ce soutien est d’autant plus fort que nous bénéficions d’un avantage par rapport aux autres banques du Groupe : l’essentiel des équipes des Structures centrales qui nous apportent cette assistance travaille au sein même de notre immeuble, à Dakar. Les collaborations sont faciles et rapides, nous sommes souvent choisis comme site pilote et les interactions sont nombreuses. Cette situation nous permet donc de bénéficier des innovations portées par le Groupe et de fonctionner de façon fluide avec tous les services centraux. Chacun sait, en effet, que quelques minutes en vis à vis avec un collègue facilitent le travail et fait gagner du temps. Cette facilité dans notre fonctionnement est d’autant plus appréciable que l’appui dont nous bénéficions de la part du Groupe BOA sur notre propre site est large et varié : crédit, audit, risques, finances, informatique, Compliance, commercial, organisation, trésorerie, communication… La plupart de nos métiers sont couverts.
Par ailleurs, notre business model aujourd’hui est largement inspiré de celui de BMCE Bank, avec qui nous partageons expériences et savoir-faire, je viens de parler du domaine des risques et je pourrais rajouter le contrôle interne et l’organisation commerciale du réseau.
Enfin, l’appartenance à un ensemble plus grand permet une mutualisation des investissements, le financement en syndication ou l’accès à des services aux coûts inabordables en solitaire.

Comment se positionne BOA-Sénégal sur la banque digitale ?
Notre stratégie est de constituer une offre digitale aux meilleurs standards du marché.
BOA–Sénégal se doit de répondre aux besoins nouveaux, en constante évolution, des citoyens sénégalais. La future banque numérique sera plus simple, plus abordable, plus accessible et moins chère. C’est une autre relation à inventer avec nos clients.

Quels sont vos projets ?
Bank Of Africa–Sénégal est une banque qui a constamment innové tout au long de son existence ; nous sommes nés en 2001. Nos projets sont donc, je dirais structurellement, nombreux. 
Si nous ne pouvons tous les citer pour des raisons que vous comprendrez aisément, nous pouvons tout de même mentionner le lancement prochain de notre application mobile, des packs spécialement dédiés aux PME PMI ou la création d’un nouveau pack pour la clientèle haut de gamme avec des avantages exclusifs qui raviront nos clients premium.
Les projets et les idées ne manquent jamais chez nous et Bank Of Africa–
Sénégal s’implique en permanence dans de nouveaux chantiers, tous destinés à mieux satisfaire notre clientèle.
C’est la base de notre métier, et c’est parce que nous l’avons bien compris que nous progressons.
Je vous donne donc rendez-vous dans quelques années pour célébrer notre entrée dans le top 3 des banques sénégalaises ! 

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