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Les Pakistanais ont voté, hier, pour des législatives sous haute tension qui pourraient voir l'ex-champion de cricket Imran Khan accéder au pouvoir, un scrutin endeuillé dès la matinée par un sanglant attentat-suicide qui a fait au moins 30 morts et des dizaines de blessés.

L'attaque, revendiquée par le groupe terroriste autoproclamé «État islamique» qui a fait au moins 30 morts et des dizaines de blessés, a eu lieu près d'un bureau de vote de Quetta (Sud-Ouest). Cet attentat a encore assombri un scrutin marqué par de précédentes attaques et de lourdes accusations d'interférence de l'armée dans la campagne électorale, ainsi que par une visibilité accrue des partis religieux extrémistes. Les élections de mercredi, placées sous très haute sécurité, ne représentent que la seconde transition démocratique d'un gouvernement civil à un autre dans ce jeune pays au passé ponctué de coups d'État militaires et d'assassinats politiques. Le Pakistan, puissance nucléaire, a été dirigé par son armée pendant près de la moitié de ses 71 ans d'histoire.

Quelque 106 millions d'électeurs, sur une population de 207 millions de personnes, sont appelés aux urnes dans plus de 85.000 bureaux de vote. L'ex-champion de cricket Imran Khan et son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) sont donnés favoris, mais les analystes estiment cependant que le jeu reste largement «ouvert». L'autre principal prétendant au poste de Premier ministre est Shahbaz Sharif, frère de l'ancien Chef du gouvernement Nawaz Sharif, à la tête du parti PML-N. Imran Khan a voté en milieu de journée à Bani Gala, près d'Islamabad : «Il s'agit de l'une des élections les plus cruciales de l'histoire du Pakistan. Il est grand temps de mettre à bas les partis qui ont tenu ce pays en otage pendant des années», a-t-il dit. Son rival Shahbaz Sharif en a fait de même à Lahore, appelant à «changer le destin du Pakistan». Les électeurs se pressaient eux aussi en de longues queues devant les bureaux de vote, a constaté l'AFP. Quelque 800.000 militaires et policiers ont été déployés pendant la journée pour assurer la sécurité du vote.

La Commission électorale pakistanaise a octroyé aux gradés des pouvoirs judiciaires étendus à l'intérieur des bureaux de vote, suscitant l'inquiétude de certains observateurs. Outre l'attentat de Quetta, un policier a été tué par une grenade dans un bureau de vote du district de Khuzdar au Baloutchistan, tandis qu'un militant du PTI a été tué dans un échange de tirs avec des partisans d'un parti rival à Swabi (Nord-Ouest), selon la police. Une série d'attentats avait déjà coûté la vie à quelque 180 personnes dont trois candidats lors de meetings électoraux à la mi-juillet. La situation sécuritaire du pays demeure néanmoins bien meilleure qu'il y a quelques années. Les électeurs, parmi lesquels près de 20 millions de primo-votants, doivent choisir un successeur au parti des Sharif, aux manettes depuis 2013.

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