Économie

Le modèle de gestion des déchets ménagers aurait «atteint ses limites». Abderrahim Ksiri, président de l’Association des enseignants des sciences de la vie et de la Terre – Maroc, explique que le Plan national fait la part belle à la collecte et à l’enfouissement plutôt qu’au tri, entravant ainsi la revalorisation des déchets dont le taux, selon lui, ne dépasse pas les 7%.

«Le Plan national des déchets ménagers, doté de 40 milliards de DH, a été conçu avec l’idée que les déchets ne sont pas de ressources qui peuvent être revalorisées, mais des ordures dont il faut se débarrasser». C’est autour de ce constat que s’articule la vision de l’Association des enseignants des sciences de la vie et de la Terre – Maroc sur le modèle de gestion des déchets jusque-là adopté au Maroc. Selon l’ESVT, ce modèle favorise davantage l’enfouissement que le recyclage des déchets qui n’est que de 7% alors que ce taux est de 90% dans les pays nordiques. L’argument avancé par son président, Abderrahim Ksiri, repose sur deux faits : d’abord, la durée des contrats, entre 10 et 20 ans, signés entre une commune et une entreprise délégataire, il y a ensuite la rétribution de cette entreprise qui se fait selon le tonnage des déchets récoltés puis enfouis, «ce qui entrave la transformation des déchets en une autre matière ou leur utilisation comme source d’énergie. De ce point de vue, le Plan national des déchets ménagers ne répond pas aux objectifs de la Stratégie nationale du développement durable», affirme-t-il. Cette Stratégie a été conçue pour asseoir les fondements de la transition vers une économie sobre en carbone d'ici 2030. C’est donc à la source que le tri peine à se faire. «Or le Maroc est en mesure d’adopter un nouveau modèle de gestion. Beaucoup d’expériences le montrent». Abderrahim Ksiri rappelle que l’AESVT, en collaboration avec la Coalition valorisation des déchets, l’Observatoire de la protection de la nature et du patrimoine et déchets et l’Alliance marocaine climat et développement durable, a lancé une Campagne nationale pour un nouveau modèle de gestion des déchets. «Notre campagne vise également à initier le débat pour construire avec l’ensemble des partenaires institutionnels territoriaux une vision qui va dans le sens de la valorisation». Depuis 4 ans, l’AESVT poursuit son programme de coproduction de la propreté qui a touché jusqu’à présent 20 villes marocaines dans lesquelles 1.000 syndics ont été sensibilisés au tri. «Cette expérimentation montre que le tri à la source est possible et se fait dans certains quartiers populaires», se réjouit Abderrahim Ksiri qui déplore en même temps que 7.000 récupérateurs vivent dans des conditions indécentes et qu’actuellement 27% des personnes qui tirent leur subsistance à partir des décharges sont des enfants et 10% sont des femmes. Le meilleur exemple que le tri est possible vient du centre de valorisation d'Oum Azza dans la préfecture de Skhirate-Témara. S'étendant sur 100.000 hectares, ce site traite 2.000 tonnes de déchets émis quotidiennement par trois villes, Rabat, Témara et Salé. «Dans ce centre, des coopératives ont expérimenté la valorisation des déchets vendus par la suite sous forme de briques utilisées comme source d’énergie pour la combustion au profit de différentes industries telles que la sidérurgie et la production de ciment».

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