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Depuis l’élimination de l’équipe nationale du Maroc de la Coupe du monde, Hervé Renard crie à qui veut bien l’entendre qu’il est «sous contrat avec la FRMF jusqu’en 2022», sans pour autant dissiper le doute sur son possible départ. La balle est aujourd’hui dans le camp de la FRMF, qui tarde à réagir, comme elle l'a fait dans le passé.

La participation du Maroc à la Coupe du monde, Russie 2018, n’a laissé personne indifférent. Entre la fierté témoignée pour le courage et l’abnégation des joueurs et la critique du VAR, les Lions de l’Atlas ont démontré, même malgré eux, qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, avant de caresser le rêve de se voir sacrés en Coupe d’Afrique ou avoir une place d’habitués au Mondial. La question qui se pose naturellement est de savoir qui mènera les troupes, déjà engagées sur la bonne voie, depuis l’arrivée d’Hervé Renard en février 2016. L’équipe nationale est la seule entité footballistique qui réunit tous les Marocains. Il est donc normal qu’elle déchaine autant les passions. Cependant, et avec un peu de recul, on constate que le non-dit, qui avait à une époque provoqué la dégringolade du football national, est en train de regagner du terrain, au grand dam des supporters désemparés et en proie aux «chasseurs de clicks» et à la «communication de négociateurs».
Un jour, une rumeur 
Depuis le dernier match des Lions de l‘Atlas en Coupe du monde, le 25 juin à Kaliningrad, chaque jour apporte son lot de rumeurs. Le fait que Renard soit resté en Russie pour «profiter» de son premier Mondial (interview avec «l’Équipe», ndlr) a donné lieu à d’innombrables interprétations. Le sélectionneur s’est alors contenté de répondre par des publications sur les réseaux sociaux. Un coup pour remercier ses joueurs. Un autre pour rendre hommage à son staff. Entre ça et là, le président de la Fédération algérienne Kheireddine Zetchi a mis le feu aux poudres, en déclarant que Renard faisait partie de «sa shortlist» pour remplacer Rabeh Madjer, remercié début juin. Dans la foulée, le président de la FRMF, Fouzi Lekjaâ, a déclaré à «Medi1TV» que «personne n’était indispensable à l’équipe nationale.» Difficile d’être plus évasif.

Une nouvelle sortie de Renard ne fait que brouiller les pistes

Lundi, la chaine nationale «2M» a publié une vidéo sur son site, où apparait un Hervé Renard décontracté, répondant aux questions de notre confrère, directement depuis l’avion qui le ramenait à Casablanca. Renard y brandit une nouvelle fois la carte du statu quo. «Pour l’instant, la situation est très claire : j’ai un contrat jusqu’en 2022. J’ai un patron qui s’appelle M. Lekjaâ, président de la Fédération Royale marocaine de football. Pour l’instant, je suis là. Vous savez qu’en football, il y a plein de choses qui sont possibles. Il y a parfois des dirigeants qui ne sont pas satisfaits de leurs coachs et qui peuvent les remplacer. Il m’est arrivé aussi parfois d’avoir un désir de partir. Pour l’instant, on n’en est pas là. On va voir ce qu’il va se passer lors des prochaines semaines.» Renard a si bien qualifié les rumeurs sur son départ en parlant de «poker menteur». Le sélectionneur estime que des «gens ont dû se confier» et qu’en aucun cas, une autre personne n’est «habilitée à parler en mon nom».

L’absence inexpliquée d’une communication forte de la part de la FRMF

Quand les deux principaux protagonistes ne se «mouillent» pas, il est difficile de couper court aux rumeurs. Pourtant, à plusieurs reprises, la Fédération a pris la défense du sélectionneur et a publié des communiqués officiels pour couper court aux allégations autour d’Hervé Renard. Pas plus tard qu’octobre 2016, Renard affirmait dans un communiqué paru sur le site officiel de la FRMF, qu’il respecterait le contrat qui le lie à la FRMF, confirmant qu’il avait été approché par des dirigeants du football algérien et chinois. L’on se demande donc naturellement, pourquoi la FRMF ne se prononce pas sur le départ ou non du sélectionneur national. En attendant la réunion prévue entre le «patron» et son «employé», le non-dit, ou plutôt le «presque dit» ne fait que pousser les protagonistes dans des directions différentes, laissant place à la désinformation.
Il est certain que l’avenir de l’équipe nationale du Maroc n’est pas lié à une seule personne, comme l’a souligné le président Lekjaâ. Il est vrai aussi que dans le football, la réalité change rapidement et va parfois dans le sens contraire de celui qui a été annoncé. En revanche, le football est un univers qui voyage très vite dans le temps et se hasarder à un changement à la tête du staff technique alors que l’équipe nationale a pris son rythme de croisière, alors que la compétition officielle (éliminatoires de la CAN) reprend en septembre, serait au minimum contre-productif. 

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