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Le démantèlement à Berrechid d'un atelier clandestin de fabrication de sacs en plastique, à deux jours du 2e anniversaire de l'entrée en vigueur de la Loi interdisant la fabrication, l'importation, l’exportation, la commercialisation et l’utilisation de tels articles signifierait-elle que la «mika» a la peau dure ? Le ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, tentera ce mardi i à Rabat d'apporter une réponse à cette interrogation en présidant une encontre sur l’avancement de la mise en œuvre de cette Loi. Mais l'on sait d'ores et déjà, d'après le département de tutelle, que la demande en produits de substitution s'est «considérablement accrue et l’offre des entreprises a suivi le rythme».

Cela fait maintenant deux ans qu'il est officiellement interdit de fabriquer, d'importer, d'exporter, de commercialiser et de faire usage de sacs en plastique. Pour marquer l’événement, le ministère de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique organisera ce mardi à Rabat une rencontre sur l’avancement de la mise en œuvre de cette Loi.  Cette rencontre traitrera de l'accompagnement à la reconversion des industriels, du rôle que la société civile pourra jouer pour faire respecter cette Loi et des alternatives aux sacs plastiques.

Sur son portail électronique, le ministère de tutelle reconnait que «l’utilisation de sacs interdits persiste dans les souks et le commerce ambulant et non organisé qui s’approvisionnent auprès de réseaux clandestins et de la contrebande», à l'image de l'atelier clandestin démantelé à Berrechid en fin de semaine dernière. Cette opération a permis la saisie de 4.225 kg de polyéthylène (matière première de fabriquation), de 1.500 kg de sacs plastiques finis interdits d’usage, près de 1.200 kg de sacs semi-finis et 11 machines utilisées dans la fabrication desdits sacs. En deux ans, le département de Moulay Hafid Elalamy affirme que 89,9 tonnes de sacs ont été saisies au niveau des postes frontaliers et 757 tonnes dans des unités et ateliers clandestins, lors des 682.467 opérations de contrôle effectuées.

En 2016, le ministre avait annoncé avoir mobilisé 200 millions de dirhams pour l’accompagnement des entreprises réalisant plus de 30% de leur chiffre d’affaires dans la production de sacs interdits par la loi.  Les entreprises dont l’activité de production de sacs en plastique représente moins de 30% du chiffre d’affaires qu’elles réalisent seront également accompagnées dans le cadre des programmes d’appui de Maroc PME.  

Le programme d’accompagnement à la reconversion des entreprises impactées a bénéficié à 25 entreprises éligibles sur 29 candidates avec une prime globale de 65,4 millions de dirhams. Ce programme a permis le maintien des postes de travail dans ces entreprises et en a créé 600.

Elalamy a également indiqué que 28 sociétés ont une capacité de production annuelle de 4,6 milliards de sacs en papier, 100 millions de sacs tissés et 120 millions de sacs non tissés. Actuellement et s'il existe des poches de résistance à l'application de cette Loi conçue pour protéger l'environnement (la dégradation naturelle d'un sac plastique peut s'étaler sur 4 siècles), elles se situent notamment dans les souks et le commerce ambulant, selon la même source.

Ailleurs, dans la moyenne et grande distribution et du commerce de proximité organisé, «le sac en plastique interdit d’usage est définitivement banni», souligne le ministère de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique selon lequel la production de sacs non tissés (produit alternatif) est passée de 1,8 à 3,2 milliards de sacs et celle des sacs tissés de 1 à 1,2 milliard d'unités.

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