Culture

Le 24e Festival de Fès des musiques sacrées s'est achevé en beauté, samedi soir, avec la prestation brillante et colorée du groupe sud-africain Soweto Gospel Choir et ses membres, danseuses et danseurs, dont l'énergie et les voix ont ébloui le public. Le public est venu nombreux pour découvrir les chants, les danses et les couleurs de cette bande de chanteuses et chanteurs, qui perpétue le gospel sud-africain, ce genre musical classique chrétien où les voix puissantes dominent les rythmes des quelques instruments qui les accompagnent.

Fascinés et conquis, les mélomanes ont vibré au rythme de chants gospels classiques, mais aussi de chants purement sud-africains, produits au cours de ce concert par cet ensemble qui alterne rythmes traditionnels et danse énergique et expressive en restituant de la manière la plus authentique l'art vocal sud-africain. La profondeur et la perfection des voix, l'énergie fascinante des danses (notamment le guerrier lancer de jambe zoulou), le chatoiement des couleurs, tels sont les ingrédients de ce concert du Soweto Gospel Choir qui célèbre la spiritualité joyeuse et enlevée. Exaltés quand ils chantent leur foi, drôles et d’une tonicité acrobatique lorsqu’ils se font danseurs ou même comédiens, ces artistes polyvalents maîtrisent leur sujet à la perfection.
En Afrique du Sud, la musique vocale occupe une place prépondérante. Des polyphonies vocales zouloues au chant des travailleurs migrants, elle s’infiltre partout. Dans les dernières années du régime de l’Apartheid (1948-1991), la foule des manifestants chantait en chœur des slogans revendicateurs (les toyi-toyi, une pratique originaire du Zimbabwe).
Depuis sa création en 2002, le Soweto Gospel Choir a fait une brillante carrière dans le monde. Il a enregistré six albums (dont deux ont reçu un Grammy Award américain). En Afrique du Sud, certains observateurs parlent de succès rémunérateur pour les producteurs, mais pas pour les artistes, qui toucheraient un cachet ridicule. Le Soweto Gospel Choir, qui a pour parrain l’ancien archevêque Desmond Tutu, Nobel de la paix en 1984, a créé en 2004 sa propre fondation : le Nkosi’s Haven Vukani, qui vient en aide à des enfants sud-africains rendus orphelins par le sida. Le chœur a aussi participé au premier concert 46664 (numéro matricule de Nelson Mandela lorsqu’il était en prison), en 2003, en faveur de la lutte contre le sida.
Organisé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, autour de la thématique «savoirs ancestraux et renouveau de la médina de Fès», le 24e Festival de Fès des musiques sacrées du monde a proposé une programmation musicale rassemblant plus d’une vingtaine de pays. Pour la fondation Esprit de Fès, structure organisatrice de cette grand-messe, cette édition a l’ambition de perpétuer l’âme de la ville, et ce grâce aux ramifications entretenues entre les différentes traditions culturelles, creuset de l’Histoire du Maroc, mais également artisanales, à l’origine du tissu social qui la compose. 

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