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Près de 115 millions de tonnes d'engrais minéraux azotés sont appliqués chaque année au niveau mondial sur les cultures dont 20% finissent par s'accumuler dans les sols et contaminent les nappes phréatiques. Selon la publication «More people, more food, worse water ? A global review of water pollution from agriculture», éditée par la FAO et l'Institut international de gestion de l'eau, les pays en développement représentent 25% de l'utilisation mondiale des pesticides dans l'agriculture.

Selon un nouveau rapport publié par l'agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Institut international de gestion de l'eau, la pollution de l'eau induite par des pratiques agricoles non durables menace les écosystèmes. Le rapport intitulé «More people, more food, worse water ? A global review of water pollution from agriculture» indique que l'agriculture est la plus importante cause de pollution de l'eau. «L'agriculture est le secteur produisant le plus d'eaux usées, en termes de volumes, et le bétail génère beaucoup plus d'excréments que les êtres humains. Alors que l'utilisation des terres s'est intensifiée, on constate que les pays utilisent de plus en plus de pesticides synthétiques, d'engrais et d'autres intrants», ont indiqué Eduardo Mansur, directeur de la Division des terres et des eaux de la FAO, et Claudia Sadoff, directrice générale de l'Institut international de gestion de l'eau, dans leur introduction au rapport. Selon ce dernier, depuis 1960, l'utilisation d'engrais minéraux a été multipliée par 10, tandis que depuis 1970, les ventes mondiales de pesticides sont passées d'un milliard à 35 milliards de dollars par an. À en croire, le portail électronique de la FAO, l'irrigation produit la plus importante quantité d'eau usée au monde. Près de 115 millions de tonnes d'engrais minéraux azotés sont appliqués chaque année sur les cultures.

Près de 20% de ces apports en azote finissent par s'accumuler dans les sols et la biomasse, là où 35% d'entre eux pénètrent dans les océans, poursuit le document de la FAO. Chaque année, 4,6 millions de tonnes de pesticides chimiques sont pulvérisés dans l'environnement.»Les pays en développement représentent 25% de l'utilisation mondiale des pesticides dans l'agriculture. Ce groupe de pays enregistre 99% des décès dus aux pesticides, selon l'Organisation onusienne. Cette dernière a publié quelques repères chiffrés parmi lesquels la facture des pays en développement de l'impact économique des pesticides sur les espèces non visées s'élève à 8 milliards de dollars chaque année. Avec 80%, le secteur de l'agriculture est le premier consommateur d'eau à travers le monde, loin devant l’industrie (19%) et l’usage domestique (11%), selon des données de la FAO. De fortes disparités existent entre les régions : en Asie du Sud, l’agriculture (91%) écrase l’usage domestique (7%) et l’industrie (2%), comme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (85% pour l’agriculture, 10% pour l’usage domestique, 5% pour l’industrie). Au Maroc, l'agriculture irriguée, bien qu'elle n’occupe que 15% des superficies cultivées, contribue à environ 45% en moyenne de la valeur ajoutée agricole et intervient pour 75% des exportations agricoles, souligne le ministère de l'Agriculture. D'après la même source, l'irrigation contribue en moyenne à hauteur de 99% pour la production de sucre, 82% pour les cultures maraîchères, 100% pour les agrumes, 75% pour les fourrages et 75% pour le lait. Pour freiner quelque peu la pollution de l'eau par l'irrigation ; l'Organisation onusienne en charge de l'agriculture et de l'alimentation recommande d'adopter des régimes alimentaires plus durables et limiter la hausse de la demande alimentaire.» Au niveau du consommateur, réduire le gaspillage alimentaire peut contribuer à cet objectif. Selon l'une des études citées dans le rapport, la pollution par l'azote issue du gaspillage alimentaire s'élève à 6,3 tétragrammes par an», indique la FAO. L’autre recommandation de la FAO porte sur la mise au point de normes pour la qualité de l'eau, des permis de rejets de polluants et d'évaluer les répercussions environnementales de certaines activités agricoles. «La lutte antiparasitaire intégrée, qui associe l'utilisation stratégique de variétés agricoles résistantes aux ravageurs au système de rotation des cultures et aux ennemis naturels des ravageurs les plus communs, est également utile», rappelle l'Organisation des Nations unies chargée de l'agriculture et de l'alimentation. 

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