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La hausse des prix à la consommation s’est encore accélérée, comme le montre l’indice IPC qui mesure cette évolution. Il est, en effet, monté à 2,4% à fin mai dernier, après 1,8% à fin janvier et 0,7% à fin 2017. Toutefois, cet emballement est plutôt dû à des «chocs temporaires», rassure Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib qui s’attend à ce que l’inflation revienne à 1,4% en 2019, après 2,4% prévu cette année.

L'inflation va crescendo. Au terme des cinq premiers mois de l'année, l’indice des prix à la consommation (IPC) calculé par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a grimpé de 2,4%, après 2,2% à fin avril, 2% à fin mars dernier, 1,9% à fin février et 1,8% en janvier. Ce qui tend à corroborer les prévisions qui tablent sur une nette remontée de l’inflation cette année par rapport à 2017 où elle avait fini sur un petit 0,7%. Il en est ainsi de la prévision avancée par Bank Al-Maghrib (BAM) qui s’attend à ce que l’inflation termine 2018 sur un taux de 2,4%. Ce trend ne devrait, toutefois, pas se prolonger au-delà, selon la Banque centrale, qui explique les tensions inflationnistes observées en 2018 par des «chocs temporaires». Il s’agit, explique Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, de l’impact de la révision par le HCP en mars dernier de la structure du panier de référence de l’indice des prix à la consommation, ainsi que des hausses notables des prix des produits alimentaires à prix volatils et des tarifs des produits réglementés. Passé l’impact de ces chocs temporaires, l’inflation devrait revenir à 1,4% en 2019, selon BAM. Sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, continuerait à évoluer à des niveaux modérés, avoisinant 1,1% en 2018 et 1,6% en 2019, pronostique-t-elle. À noter que, selon Abdellatif Jouahri, parmi les principaux changements du panier opérés par le HCP, la part des produits alimentaires et boissons non alcoolisées a reculé de 39,3% à 37,3%, alors que celle des produits non alimentaires a augmenté, avec notamment des hausses de 3,9% à 6,3% pour l’enseignement et de 5,5% à 7,7% pour la santé. S’agissant des cinq premiers mois de 2018, l’accélération des prix est due plus aux produits alimentaires, dont l’indice a augmenté de 2,8%, que des produits non alimentaires (1,7%), selon le HCP. Pour ces derniers, les variations vont d’une stagnation dans la communication à une hausse de 6,6% dans les biens et services divers. On note une hausse de 2% pour l’enseignement, 0,9% pour les articles d'habillement et chaussures, 0,8% pour les logements, eau, électricité et autres combustibles et 0,8% pour le transport, entre autres.
Par ville, les hausses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Dakhla avec 4,4%, Safi (4%), Laâyoune (3,6%), Oujda et Guelmim (3,2%) et Al-Hoceïma (2,7%). En revanche, les taux les plus modérés ont été réalisés à Marrakech (1,4%), Settat et Rabat (1,5%). 

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