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Bank Al-Maghrib table sur une croissance du PIB de 3,6% en 2018 contre 3,3% annoncé en mars dernier, sous l'effet d'une hausse de 5,7% de la valeur ajoutée agricole et de 3,2% des activités non agricoles. La Banque centrale, qui maintient inchangé le taux directeur à 2,25%, a également revu à la hausse l’inflation de 60 points de base à 2,4% en 2018. Celle-ci tomberait à 1,4% l'année prochaine.

Bank Al-Maghrib maintient inchangé son taux directeur à 2,25%. Elle revoit, néanmoins, à la hausse les prévisions de croissance du pays. À l’issue de sa deuxième réunion trimestrielle de l’année, l’institut d'émission table désormais sur une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 3,6% en 2018 contre 3,3% annoncé en mars dernier. Pour la Banque centrale, les activités non agricoles poursuivraient leur reprise à moyen terme avec une croissance de 3,2% en 2018 et de 3,5% en 2019. Pour sa part, la valeur ajoutée agricole s’accroîtrait de 5,7% en 2018 à la faveur de la bonne campagne agricole, avec notamment une production céréalière estimée par le département de l’Agriculture à 98,2 millions de quintaux (même au-delà de 100 millions, ndlr), avant de reculer de 1,7% en 2019, sous l’hypothèse d’une campagne agricole normale. «La croissance nationale devrait ainsi revenir à 3,6% en 2018 et à 3,1% en 2019», estime Bank Al-Maghrib. Aux yeux de l’institution, la contribution des exportations nettes à la croissance redeviendrait négative à moyen terme au moment où la consommation des ménages et l’investissement maintiendraient un rythme soutenu. Côté prix, l'accélération de l'inflation enregistrée sur les quatre premiers mois de l’année reflète, selon l’institution, l’impact de la révision par le HCP en mars dernier de la structure du panier de référence de l’indice des prix à la consommation, ainsi que des hausses notables des prix des produits alimentaires à prix volatils et des tarifs des produits réglementés. «Portée par ces chocs temporaires, l’inflation devrait atteindre 2,4% en 2018, avant de revenir à 1,4% en 2019. Sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, continuerait à évoluer à des niveaux modérés, avoisinant 1,1% en 2018 et 1,6% en 2019», détaille la Banque centrale. Cette dernière a ainsi revu à la hausse l’inflation en 2018 de 60 points de base (1,8% annoncé initialement en mars dernier).
Pour ce qui est de l’évolution monétaire, Bank Al-Maghrib affirme que le cours du dirham s’est apprécié au premier trimestre de 2,5% contre le dollar américain et s’est déprécié de 1,8% vis-à-vis de l’euro, traduisant principalement la variation de la parité euro/dollar.

«Tenant compte également des évolutions de l’inflation et des cours des 3 monnaies des autres pays partenaires et concurrents, le taux de change effectif s’est déprécié de 0,9% en termes nominaux et de 0,8% en termes réels, contribuant ainsi à maintenir des conditions monétaires accommodantes», est-il indiqué. Pour leur part, les taux débiteurs ont accusé un recul de 15 points de base, qui a concerné notamment les prêts immobiliers et les facilités de trésorerie aux entreprises. Globalement, le crédit au secteur non financier a progressé de 4,1% à fin avril, avec une hausse notable des prêts à l’équipement, alors que les facilités de trésorerie ont accusé une diminution. «Tenant compte de ces évolutions, des perspectives de la croissance non agricole et des anticipations du système bancaire, la prévision (pour le crédit au secteur non financier, ndlr) a été revue à la baisse pour 2018 à 4% (au lieu de 4,5%) et maintenue inchangée à 4,5% pour 2019», souligne Bank Al-Maghrib.  Pour ce qui est des comptes extérieurs, l’Institution table sur une hausse de 5,8% en 2018 et de 6,9% en 2019 des exportations de biens. Les importations de biens, elles, augmenteraient de 7,2% avant de décélérer à 3,7% en 2019.  Tenant compte de 7 milliards de dirhams de dons des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) prévus pour 2018, le déficit du compte courant avoisinerait 4,1% du PIB cette année et 3,6% en 2019. «Dans ces conditions, et sous l’hypothèse d’afflux d’IDE équivalents à 4,4% du PIB et 3,5% respectivement, les réserves de change termineraient l’année à 255,4 milliards de DH et s’établiraient à 245,9 milliards au terme de 2019, assurant ainsi la couverture de 5 mois et 25 jours puis 5 mois et 18 jours d’importations de biens et services», est-il expliqué. À noter que sur le volet des finances publiques, BAM prévoit un déficit budgétaire avoisinant 3,4% du PIB en 2018 et 3,3% en 2019.                        

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