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C’est devenu un leitmotiv pour les ministres du Tourisme qui se succèdent. À chaque début de mandat, le ministère n’a qu’une mission : trouver la bonne formule pour relancer l’activité. Après l'étude commanditée à BCG pour faire redécoller le secteur et dont les résultats ont été livrés en 2017, le département de Mohamed Sajid lance deux nouveaux appels d’offres. Le premier pour la conception et le déploiement d’un dispositif d’accompagnement et d’accélération des investissements touristiques, le second pour un plan d’impulsion du secteur sur quatre ans. Ces deux consultations coûteront au contribuable 6,5 millions de dirhams, mais pour quels résultats ?

Le gouvernement est toujours à la recherche de la «formule magique» pour donner des ailes à l’activité touristique. Après l’étude commanditée à BCG pour relancer le secteur et dont les résultats ont été livrés en 2017, le département de Mohamed Sajid vient de lancer deux appels d’offres. Le premier porte sur la conception et le déploiement d’un dispositif d’accompagnement et d’accélération des investissements touristiques et le second sur la mise en place d’un plan d’impulsion du secteur. Le ministère a réservé à ces deux marchés 6,5 millions de dirhams (3,5 millions pour le premier et 3 millions pour le second). «Afin de structurer et renforcer l'offre touristique, il est aujourd'hui nécessaire d'intensifier les actions de relance des investissements à travers un ensemble de dispositifs qui viennent compléter et enrichir de façon harmonieuse les mesures incitatives existantes», affirme le ministère. L’étude en projet aboutira à la conception d’un dispositif permettant, selon les termes du ministère, de relancer, d'orienter et d'accélérer les investissements touristiques. «Ce dispositif en question doit être élaboré et déployé en cohérence avec les priorités du secteur et le processus de régionalisation avancée», soulignent les services de Mohamed Sajid. Pour le ministère, l'investissement et le financement de projets touristiques sont des maillons «essentiels et critiques» du développement du secteur dans le pays. Toutefois, constate-t-il, au regard de plusieurs facteurs exogènes et endogènes, la dynamique d'investissement dans le secteur a connu un ralentissement significatif ces dernières années. Résultat : ce tassement a impacté de manière «significative» le développement d'une offre «diversifiée, de qualité et compétitive». Le dispositif de relance des investissements que recherche le ministère doit apporter des solutions «pragmatiques et réalistes» aussi bien aux investissements existants que projetés. «Ce dispositif doit permettre d'orienter avec efficience les efforts des pouvoirs publics, centraux et locaux et de préciser la nature de leur accompagnement et leur intervention en fonction de la maturité des destinations touristiques, de la nature des projets et de leurs impacts socio-économiques et territoriaux, et ce, en intégrant la dimension régionale et territoriale dans l'ensemble des travaux», précise le ministère dans le cahier des prescriptions spéciales. Autre précision : le plan de relance devra également intégrer l'ensemble des étapes des cycles d'investissement et d'exploitation et proposer les outils et mécanismes d'accompagnement adaptés pour chaque cycle. Le dispositif comprendra, entre autres, un code des investissements touristiques formalisant la nouvelle offre de valeur (règlementaire, procédurale, budgétaire, fiscale, etc.), un véhicule de financement, dédié au secteur, permettant d'orienter et de canaliser l'accompagnement de l'État aux projets aussi bien en phase d'investissement que d'exploitation et un mécanisme de garantie pour encourager et fluidifier les financements bancaires.

Cherche «boosters» sur un horizon de 4 ans
Dans le dossier accompagnant l’appel d’offres sur le plan d’impulsion du secteur touristique, le ministère dresse à peu près le même constat que pour le premier (dispositif de relance des investissements). Selon lui, la reprise de l’activité s’inscrit dans un contexte global où le secteur a connu certaines difficultés ces dernières années : «même si la destination Maroc a pu relativement résister aux contextes économiques et géopolitiques difficiles qu'a vécus la zone euro-méditerranéenne, les réalisations et performances sont restées en retrait par rapport aux objectifs initialement fixés», reconnaît-il. Afin de consolider donc la reprise du secteur, d'accompagner et de redynamiser les investissements touristiques, le ministère affirme s’être engagé avec les partenaires privés dans une «démarche volontariste et pragmatique» pour donner une nouvelle dynamique au secteur. L’étude que le ministère entend confier à un cabinet devra formaliser, dit-il, sur la base des documents, données et réflexions disponibles, un plan d'impulsion pour électriser l’activité sur un horizon de 4 ans. Le plan, censé rester cohérent avec les principes de la Vision 2020 (qui n'est pas une réussite, il faut le reconnaître), devra également intégrer les priorités concernant le tourisme actées dans la déclaration gouvernementale de 2017. «Le plan doit prioriser et décliner l'action du département du Tourisme, par chantiers structurants, en projets, actions et axes d'intervention budgétisés et dimension nés tout en précisant les responsabilités et les délais», précisent les services de Mohamed Sajid. Le plan d'implémentation doit être élaboré dans une «démarche de concertation» tenant en compte, notamment, des propositions et priorités du secteur privé et s'intégrant dans le processus de régionalisation avancée. Selon le ministère, le Maroc a enregistré une année 2017 record. Le pays a en effet accueilli 11,35 millions de touristes l’année dernière, soit une progression de 10% par rapport à 2016. À fin 2017, la capacité litière classée a atteint 251.206 lits, 8.499  supplémentaires par rapport à 2016. Les hôtels 3*, 4*, 5* et les hôtels clubs constituent 49% du total du parc de l’hébergement touristique classé. Le secteur contribue d'une manière significative au PIB (7%). Il emploie plus de 530.000 personnes directement et joue un rôle dans l'équilibre de la balance des paiements puisqu'il pèse pour environ 20% des exportations de biens et services. 

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