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Renversement de tendance prévu pour la croissance économique dans la zone euro. Les perspectives se sont, en effet, assombries par rapport aux prévisions réjouissantes du début d’année, selon des économistes qui évoquent la baisse des indicateurs économiques et la montée de l’incertitude politique.

Coup de froid annoncé sur la croissance dans la zone euro, premier débouché pour les exportations marocaines. Les perspectives de cette croissance se montrent, en effet, sombres, a rapporté Reuters. Ce qui devra prolonger une tendance, dont les contours commençaient déjà à se dessiner depuis le début de l’année avec un tassement de la croissance au sein de la zone.
Cette perspective est étayée par l’évolution de la croissance du secteur privé dans la zone euro qui a encore ralenti en mai, et dont les indicateurs avancés suggèrent une nouvelle perte de dynamisme dans les mois à venir, comme le montrent les résultats définitifs de l’enquête IHS Markit auprès des directeurs d’achats publiés hier mardi. Ainsi, l’indice PMI composite définitif calculé par IHS Markit a reculé à 54,1 le mois dernier, comme en estimation préliminaire («flash») et contre 55,1 en avril. Considéré comme un baromètre fiable de la croissance, cet indice est à un creux de 18 mois, mais toujours au-dessus du seuil de 50 séparant croissance et contraction de l’activité.

«Avec des indicateurs économiques qui baissent en même temps que l’incertitude politique augmentait, les perspectives de la zone euro se sont considérablement assombries par rapport aux prévisions réjouissantes du début d’année», a déclaré Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit, cité par Reuters.
En fait, la Commission européenne avait tablé au début de cette année sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,3% cette année et 2% l’an prochain.
À rappeler qu’en 2017, la zone euro a enregistré sa plus forte croissance depuis dix ans, à +2,4%, selon la Commission et 2,5%, selon l’Office européen des statistiques, Eurostat.
Ce retournement de situation pour la croissance économique dans la zone pourrait susciter des inquiétudes au sein de la Banque centrale européenne (BCE), d'autant que les pressions inflationnistes se sont également affaiblies le mois dernier.
Le mois dernier, les prix ont cependant augmenté à un rythme annuel plus rapide que prévu de 1,9%, tout près de l’objectif de la BCE, offrant ainsi à l’institut d’émission une marge de manœuvre pour normaliser progressivement sa politique monétaire.
La BCE doit arrêter ses rachats d’actifs d’ici la fin de l’année et relever ses taux directeurs en 2019, selon une enquête Reuters du mois dernier. 

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