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Sur les 4.349 produits échangés chaque jour, le Maroc et les pays de la Cédéao sont des importateurs nets de 80,7% d’entre eux. De ce fait, aucune concurrence n’existe aujourd’hui sur ces produits. Par ailleurs, les possibilités de concurrence ne portent que sur 2,5% des produits échangés, selon le rapport que viennent de rendre public la DPEF et la Douane.

Le Maroc pourrait améliorer ses échanges avec les pays de Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Sur les 4.349 produits échangés tout au long de l’année, 11,6% seulement sont des spécialisations du Royaume pour lesquels les pays de la Cédéao sont des importateurs nets, selon le rapport intitulé «Échanges commerciaux Maroc-Cédéao : opportunités par pays et par produit», que vient de rendre public la Direction des études et des prévisions économiques (DEPF). Augmenter ce taux permettrait au pays d’améliorer son classement : 6e rang des pays de la zone en termes de complémentarité avec les autres membres, avec un indice de 0,22 en moyenne et un maximum de 0,26 avec le Ghana. Surtout que la particularité du Royaume est qu’il se distingue, selon le rapport, comme le pays qui possède «le moins de spécialisations semblables» aux autres membres de la Cédéao. C’est pourquoi peu de pays peuvent le concurrencer sur l’ensemble de ses produits dans le marché de la Cédéao. Le Sénégal arrive en tête de ces pays avec seulement 17,6% des produits objets de concurrence. Il est suivi par la Côte d’Ivoire (11,4%) et le Nigeria (7,7%). En revanche, le Royaume concurrence le Sénégal sur 33,4% de ses produits. Nos produits concurrencent ceux de la Gambie (28,6%), de Côte d’Ivoire (19,1%) et du Nigeria (22,2%).
Les chances du Royaume de voir évoluer son commerce avec cette région sont d’autant plus grandes que 5,2% des produits échangés sont des spécialisations de la Cédéao et constituent une opportunité de complémentarité pour la Communauté, puisque le Maroc en est importateur net. De ce fait, les possibilités de concurrence ne concernent que près de 2,5% des produits. Pour le reste des produits (80,7%), le Maroc et la Cédéao en sont des importateurs nets. «Ce qui exclut d’emblée les possibilités de concurrence pour la majeure partie des produits», indiquent les auteurs du document.

Un excédent de 8,5 milliards de DH en faveur du Maroc en 2017
De manière globale, les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays de la Cédéao ont connu une tendance haussière ces dernières années : 10,3 milliards de DH en 2017 contre 1,5 milliard en 2000. «Ce rebond significatif reflète particulièrement le dynamisme des exportations marocaines, qui sont passées de 2,8 milliards de DH en 2008 à 9,4 milliards en 2017», indique le rapport. Les importations marocaines en provenance de cette région ont, de leur côté, augmenté jusqu’en 2011 pour s’établir à 2,7 milliards de DH. Elles ont, depuis, chuté pour se chiffrer à 800 millions de DH en 2017. Le solde commercial est globalement excédentaire en faveur du Maroc et se situe à 8,5 milliards de DH en 2017 contre 200 millions de DH en 2000.  Par ailleurs, la Cédéao occupe une place centrale dans les exportations marocaines : environ 57% des expéditions du Royaume vers l’Afrique subsaharienne en moyenne sur la période 2000-2016. Ces dernières restent toutefois faibles : 3,8% en 2017 contre 1,1% en 2000. Par ailleurs, la part de marché du Maroc dans les importations de la communauté a progressé, passant de 0,3% en 2000 à 0,8% en 2016. «Malgré le dynamisme observé au cours des dernières années, le positionnement commercial du Maroc au niveau de cette région demeure insuffisant au regard des potentialités existantes», regrette le document. Par pays, le Maroc détient une part de marché de 1,77% en Guinée, de 1,61% au Mali, de 1,46% au Sénégal et de 1,4% en Guinée-Bissau. Au Nigeria, en  revanche, la part de marché du Maroc n’est que de 0,17%. 

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