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La Stratégie 2015-2024 de valorisation durable des forêts, l’approche territoriale et la gestion des risques climatiques ont constitué l'essentiel de l'intervention à Rome de Abdeladim Lhafi, haut commissaire aux Eaux et forêts, sur l’intégration de la biodiversité dans les modèles de développement agricoles, forestiers et de la pêche.

Après la célébration, le 22 mai, de la Journée mondiale de la biodiversité, l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Convention sur la diversité biologique ont réuni, fin mai à Rome, les experts pour débattre de la place qui échoit à la diversité génétique dans les systèmes agricoles. Cette Convention est un traité international juridiquement contraignant qui s'est fixé trois objectifs : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de la diversité biologique et le partage équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques. Abdeladim Lhafi, haut commissaire aux Eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, a présenté la Stratégie 2015-2024 de valorisation durable des forêts. 
Un communiqué des Eaux et forêts rappelle que cette stratégie décennale est articulée autour des 3 principaux axes : l'approche territoriale, la prise en compte de l'aridité structurelle et les sècheresses conjoncturelles dans les modèles de développement et l’adaptation aux risques climatiques. Cette stratégie considère le territoire comme l’unité d’action, avec les indicateurs propres aux 40 écosystèmes naturels que compte le Maroc et à partir desquels sont élaborées des politiques publiques au niveau des 8 éco-régions définies. Lors de treizième édition du Forum des Nations unies sur les forêts durant laquelle le haut commissaire aux Eaux et forêts et à la lutte contre la désertification a soumis la Contribution nationale volontaire du Maroc pour la réalisation des objectifs du Plan stratégique des Nations unies pour les forêts. Selon les rapports de la FAO sur l’évolution des forêts dans le monde, le rythme moyen de variation du couvert forestier au Maroc est passé de -1% entre 1990 et 2000 à +2% entre 2000 et 2010. Selon un communiqué des Eaux et forêts, cette performance a placé le Maroc parmi les 25 pays ayant inversé la tendance de dégradation de leurs écosystèmes forestiers. 

Pour la réalisation de ce résultat, le reboisement a été un facteur déterminant. Planifié dans le cadre du Programme décennal 2015-2024, le reboisement devra couvrir 600.000 hectares, à l’horizon 2024, et est réalisé dans le cadre de projets participatifs, qui tiennent compte des besoins des populations locales et des impératives de la préservation et de la reconstitution des forêts. Sur son portail électronique, le Haut Commissariat indique que dans l’objectif de s’adapter au contexte climatique national caractérisé, en particulier, par de longues périodes de sécheresse, et dans l’optique de l’adaptation aux changements climatiques, une attention particulière est accordée aux principales essences autochtones (30% du programme), telles que le cèdre de l’Atlas, le thuya, l’arganier, le chêne-liège et le cyprès de l’Atlas. Lors de la treizième édition du Forum de l'ONU sur les forêts, Shahrul Ikram Yaakob, président du Forum des Nations unies sur les forêts, avait alors déclaré que si les États membres respectent fidèlement le Plan stratégique des Nations unies pour les forêts, il sera possible d’inverser les pertes du couvert forestier et d'arriver à une augmentation de 3% chaque année, d’assurer une gestion durable de tous les types de forêts et d’arbres, et d'apporter des contributions notables à la lutte contre de nombreux défis mondiaux, à commencer par la lutte et l’adaptation aux changements climatiques. Il a toutefois regretté la perte ou la dégradation annuelle de 7 millions d’hectares de forêts. «Le succès de nos actions reste tributaire de notre capacité à gérer la complexité dans une démarche globale et intégrée», a souligné Abdeladim Lhafi en évoquant les 3 conventions issues du Sommet de la Terre de Rio de Janiro de 1992 qui avaient porté sur la diversité biologique, les changements climatiques et la lutte contre la désertification. Selon la Convention sur la diversité biologique, les écosystèmes, les espèces et les ressources génétiques devraient être utilisés au profit des êtres humains, mais d’une manière qui n’entraîne pas l’érosion de la diversité biologique.  

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