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Les banques auraient-elles de nouveau fermé les vannes ou serait-ce le reflet de l'attentisme qui prévaut ces mois-ci ? L’élan qu’a connu le crédit bancaire au début de l'année ne s’est pas confirmé, le rythme de progression ressortant à 2,6% seulement au terme des quatre premiers mois, après 3,9% à fin février et 3,1% à fin mars. Dans ce tableau, le financement des biens d'équipement, qui renseigne sur l'effort d'investissement, reste vigoureux. Ces signaux contradictoires rajoutent au manque de visibilité exprimé par les opérateurs, alors que la croissance devrait s'établir à 3% ce deuxième trimestre.

Le crédit bancaire est en train de retomber dans la léthargie. Après avoir marqué un bon début d’année, le financement de l’économie par voie bancaire perd de sa vigueur. Son rythme d’évolution décélère, en effet, passant de 3,9% à fin février dernier (après 3,2% en janvier) à 3,1% un mois plus tard, puis à 2,6% seulement, avec un encours de 829,505 milliards de DH, au terme des quatre premiers mois de cette année, selon Bank Al-Maghrib. Rappelons que le crédit bancaire a terminé 2017 sur une décélération à 2,9% en rythme annuel.
Ce ralentissement observé à fin avril 2018 résulte notamment de la poursuite des contreperformances des comptes débiteurs et crédits de trésorerie, dont le repli s’est accentué à -4,5% à fin avril dernier, avec un encours de 162,61 milliards de DH, après -1,3% à fin janvier, -1,8% à fin février et -0,7% à fin mars. Serait-ce l'effet du remboursement des crédits TVA par affacturage ?
De même, la rubrique des créances diverses sur la clientèle enregistre une contraction, passant de -0,2% à fin janvier 2018 à -3,2%, pour un encours de 117,99 milliards à fin avril dernier.
Par contre, les prêts à l'équipement restent sur leur lancée, progressant au fil des mois. Leur rythme de croissance est, en effet, passé de 10,2% au premier mois de l’année à 12,7% à fin avril dernier à 171,577 milliards.
De même, les crédits à la consommation gagnent relativement en dynamisme, passant d’une croissance de 4,7% à fin janvier à 5,4% à fin avril 2018, avec un encours de 52,23 milliards.
Les crédits immobiliers arrivent, de leur côté, à garder un rythme honorable, affichant une hausse de 3,5% à 260,155 milliards à fin avril, après 3,3%, 3,5% et 3,1% à fin janvier, février et mars respectivement. Au cours des quatre premiers mois de 2018, la hausse a profité plus aux particuliers (3,4%) qu’aux promoteurs immobiliers (3,1%).
Par ailleurs, la décélération du crédit bancaire a touché le secteur privé, qui a bénéficié d’un montant de crédits en hausse de 2,9% à 655,931 milliards. Le secteur public, lui, a vu ses crédits augmenter de 17,1% à 68,16 milliards. 
Les prêts consentis aux sociétés non financières publiques ont progressé de 18,4% à 51,68 milliards et ceux octroyés aux administrations locales de 13,1% à 16,47 milliards.  Bonne nouvelle : les créances en souffrance restent sur leur tendance au ralentissement : après 3,6% à fin janvier dernier, leur croissance est tombée à 2,8% à fin avril dernier, pour 64,93 milliards.

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