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Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité la première résolution de son histoire reconnaissant l'existence d'un lien entre famine et conflit, un texte qui «condamne fermement» le recours à une telle arme dans les guerres d'aujourd'hui. «Nous accueillons avec grande satisfaction cette déclaration sans précédent du Conseil de sécurité qui reconnaît explicitement l'impact des conflits armés sur la faim, avec notamment les déplacements massifs de populations», a réagi José Graziano da Silva, directeur général de la FAO.

«La famine comme méthode de guerre est prohibée par le droit international humanitaire dans un certain nombre de situations de conflit, ont rappelé les membres du Conseil. Entraver intentionnellement l’acheminement des secours destinés à lutter contre l’insécurité alimentaire provoquée par les conflits peut constituer une violation du droit international humanitaire», indique la résolution adoptée, jeudi dernier, par le Conseil de sécurité des Nations unies. Résolution rapidement saluée par le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), José Graziano da Silva : «Nous accueillons avec grande satisfaction cette déclaration sans précédent du Conseil de sécurité qui reconnaît explicitement l'impact des conflits armés sur la faim, avec notamment les déplacements massifs de populations qui laissent derrière elles des terres arables, des champs de pâturage, des zones de pêche, mais aussi la destruction des stocks alimentaires, des biens agricoles et la perturbation des marchés alimentaires», a déclaré José Graziano da Silva. En juillet 2017, lors de la 40e Conférence de la FAO, il a été rappelé qu'actuellement 19 pays ont été identifiés en situation de crise prolongée, faisant souvent face à des événements climatiques extrêmes tels que des sécheresses et des inondations», rapporte sur son portail électronique l'Organisation. Son directeur général, José Graziano da Silva, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère en affirmant que de plus en plus de personnes ne mangent pas à leur faim : «Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a augmenté depuis 2015 et menace de réduire à néant des années de progrès», avait-il regretté. 
Aux différents conflits armés se sont greffés les effets désastreux du changement climatique : «60% des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans des pays affectés par un conflit et sont confrontés au changement climatique». Le premier responsable de la FAO a rappelé que le monde faisait face à l'«une des plus importantes crises humanitaires» avec plus de 20 millions de personnes risquant de sombrer dans la famine dans quatre pays, à savoir le nord-est du Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen». La situation s'est rapidement détériorée : après une décennie de déclin, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a commencé à augmenter avec 815 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique en 2016. En 2017, près de 124 millions de personnes (108 millions en 2016) avaient besoin d'aide pour protéger leurs moyens d'existence et leur vie et éviter ainsi de sombrer dans une situation de famine. «Les conflits sont les principaux facteurs expliquant ce revirement de situation», a précisé José Graziano da Silva. En plus de nuire à la sécurité alimentaire, les conflits armés sont à l'origine des déplacements massifs des populations déjà fragilisées par des situations d'extrême violence. «Le Conseil souligne à cet égard que les conflits armés, les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme et l’insécurité alimentaire peuvent être des facteurs de déplacements forcés qui peuvent eux-mêmes, en retour, avoir des effets dévastateurs sur la production agricole...», selon la résolution. D'après l'Organisation onusienne, à travers cette résolution, le Conseil de sécurité de l'ONU envoie un message clair à toutes les parties impliquées dans des conflits armés, rappelant à ces derniers leur devoir de protection des civils et de leurs moyens de produire ou d'accéder à de la nourriture tels que les fermes, les marchés, les systèmes d'eau et les modes de transport. 
«L'agriculture et les systèmes alimentaires sont fortement affectés par les conflits et l'instabilité, mais réussissent à rester particulièrement résistants. Lorsque ces systèmes sont perdus, en revanche, il est presque impossible de les rebâtir», a indiqué le directeur général de la FAO.

 

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