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La mobilité économique est au point mort depuis 30 ans dans les pays en développement, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Cette étude examine l’évolution de la situation (ou «mobilité») économique entre les parents et leurs enfants à travers le prisme de l'éducation, un atout qui influence de façon déterminante les revenus d'un individu tout au long de sa vie.

Le Groupe de la Banque mondiale a publié le 9 mai un rapport sur la mobilité économique dans les pays en développement. Cette étude examine l’évolution de la situation (ou «mobilité») économique entre les parents et leurs enfants à travers le prisme de l'éducation, un atout qui influence de façon déterminante les revenus d'un individu tout au long de sa vie. «Ce rapport dresse un tableau réaliste, mais nuancé de la mobilité économique et de l'inégalité des chances dans le monde en développement», déclare dans un communiqué Francisco Ferreira, conseiller senior en pauvreté et inégalités à la Banque mondiale. «D'un côté, le pays en développement moyen enregistre des taux très faibles de mobilité économique d'une génération à l'autre et, ce qui est plus inquiétant, n'a connu aucune amélioration réelle sur ce plan au cours des 30 dernières années. De l'autre, le parcours de certains pays montre qu'avec la volonté politique et les actions voulues, il est possible de changer les choses», détaille-t-il. Le rapport sous le titre «Des progrès satisfaisants ? La mobilité économique d’une génération à l’autre à travers le monde» s’intéresse aux personnes nées entre 1940 et 1980 et constate que 46 des 50 pays ayant les taux de mobilité ascendante les plus faibles appartiennent au monde en développement. Selon les auteurs de ce document de 290 pages publié en anglais, l'aptitude à gravir l'échelle économique indépendamment de la situation socioéconomique des parents contribue à la réduction de la pauvreté et des inégalités, et pourrait aider à stimuler la croissance économique en donnant à chacun la possibilité d'utiliser ses talents. Les personnes vivant dans des sociétés plus mobiles se montrent plus optimistes pour l'avenir de leurs enfants, ce qui est de nature à engendrer une société dans laquelle les aspirations et la cohésion sont plus fortes.
«Tous les parents voudraient que leurs enfants vivent mieux qu'eux, mais l'inégalité des chances fait obstacle aux aspirations d'un trop grand nombre de personnes – surtout des pauvres», affirme Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale. Le rapport révèle en effet que la possibilité de gravir des échelons diminue pour les individus issus de familles pauvres dans de nombreux pays où le niveau de vie moyen reste très faible comparé à celui des pays à revenu élevé. «Les pays ayant une plus forte mobilité du niveau d’éducation sont mieux placés pour stimuler la croissance et faire reculer la pauvreté et les inégalités. Et, inversement, l'arrêt de la progression de la mobilité suscite des craintes au sujet des progrès futurs, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud, où vivent la plupart des pauvres de la planète et où les perspectives des enfants sont encore trop liées au statut socioéconomique de leurs parents» indique Carolina Sanchez, directrice principale du Pôle mondial d’expertise en pauvreté et équité à l’Institution de Bretton Woods. À noter que le rapport met aussi en évidence des variations considérables du degré de mobilité intergénérationnelle dans le monde en développement. À titre indicatif, seuls 12% des personnes nées dans les années 1980 en République centrafricaine, en Guinée et au Soudan du Sud ont atteint un niveau d’éducation supérieur à celui de leurs parents, contre 89% en Corée du Sud et 85% en Thaïlande.

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