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Selon l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, les émissions de gaz à effet de serre issues du secteur agricole représentent environ 24% des émissions mondiales, juste après la production d'énergie. Le même schéma est observé au Maroc où l'agriculture arrive en deuxième position, après le secteur énergétique. Le Royaume s’est engagé à réduire de 42% d'ici 2030 de telles émissions.

Au niveau mondial, les terres cultivées, les pâturages et les forêts, qui représentent 60% de la surface de la Terre, sont progressivement exposés à la variabilité accrue et au changement du climat. Les émissions de l'agriculture, des forêts et des pêches ont quasiment doublé au cours des cinquante dernières années et pourraient continuer à augmenter de 30% d'ici 2050, si les efforts pour les réduire ne sont pas intensifiés, selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Au Maroc, comme ailleurs, l’agriculture est le premier secteur qui pâtit des impacts des changements climatiques. Aussi, la FAO a entrepris, en collaboration avec le groupe de la Banque mondiale et les institutions nationales, une étude de l’impact du changement climatique sur 50 productions agricoles. Cette étude a révélé que le climat plus sec et plus chaud prévu au Maroc aurait des effets négatifs sur les principales cultures pluviales. D’ici à 2050, les rendements du blé tendre diminueraient de 33% les années sèches, soit plus du triple de leur baisse en année humide. Ces baisses de rendement, dues au réchauffement, sont directement liées au changement climatique, selon cette étude. Lors de la COP 22 à Marrakech en novembre 2016, les premiers résultats du programme de la FAO dit «Mosaicc» (Modelling System for Agricultural Impacts of Climate Change) de simulation de l’impact des changements climatiques sur l’agriculture marocaine avaient été présentés. «Les projections sur les rendements agricoles sont alarmantes», avait prévenu Riad Balaghi, coordinateur pour le Maroc du programme «Mosaicc» et chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique. 

Selon les projections du programme «Mosaicc», les précipitations diminueraient au Maroc de 17 à 20% durant la période 2040-2069 et les températures maximales augmenteraient sur tout le pays de 1,9 à 3,4°C. «Mosaicc» est une plateforme en ligne regroupant les données relatives aux différents aspects de l’agriculture : ressources hydriques, météorologie et forêts. Face à cette situation, et en plus du secteur de l'énergie qui représente le premier poste d’émission de gaz à effet de serre, l’effort d’adaptation au changement climatique a également porté sur l’agriculture. Présenté au Chef du gouvernement en 2015, le Plan national d’adaptation du secteur de l’agriculture vise, à l’horizon 2020, la reconstitution de 200.000 hectares de forêts, la généralisation de l’irrigation localisée sur 550.000 hectares et la substitution des prélèvements des nappes souterraines par les eaux de surface à raison de 85 millions de m3 par an. À l’horizon 2030, il est prévu d’atteindre un taux de 100% d’épuration des eaux usées et l’économie de 2,4 milliards m3 par an. À cette échéance, 1 million d’hectares de céréaliculture seraient reconvertis en arboriculture 
sous-irriguée. 
 

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