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Jusqu'au 13 avril se déroule à Londres la 72e session du Comité de la protection du milieu marin qui devrait aboutir à l'adoption d'une nouvelle stratégie de limitation des émissions de gaz à effet de serre du secteur du transport maritime actuellement responsable d'environ 2,5% des émissions mondiales de CO2. Le danger est que ce taux devrait augmenter entre 50 et 250% d'ici 2050.

Les pays membres de l'Organisation maritime internationale se réunissent, jusqu'au 13 avril à Londres, afin de définir une nouvelle stratégie de lutte contre le changement climatique. En introduction à la 72e session du Comité de la protection du milieu marin, Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, a mis l'accent sur la nécessité de conjuguer la durabilité du secteur du transport maritime et la limitation des émissions de gaz à effet de serre : «nous assistons à une évolution plus rapide des changements climatiques que les réductions d'émissions (...) J'appelle toutes les nations à adopter une stratégie ambitieuse qui puisse contribuer de manière décisive à la réalisation des objectifs de l'Accord de Paris, tout en soutenant la durabilité du secteur», a-t-elle déclaré. 
Le transport maritime est responsable d'environ 2,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce taux devrait augmenter de 50 à 250% d'ici 2050. Selon une étude réalisée en 2012 par l'Organisation maritime internationale, les émissions totales du transport maritime ont été d'environ 938 millions de tonnes de CO2 et 961 millions de tonnes combinant le CO2, le méthane et le protoxyde d'azote, puissant gaz à effet de serre qui subsiste jusqu'à 120 ans dans l'atmosphère. Ce gaz est responsable, selon le Groupement intergouvernemental du climat (ONU), entre 15 et 13% des émissions mondiales. 
Le transport maritime génère annuellement 5,6 millions de tonnes du dioxyde de soufre (SO2) qui joue un rôle dans le réchauffement climatique dû aux aérosols. Aussi, la 72e session du Comité de la protection du milieu marin penche sur l'application du plafond de la teneur en soufre du fuel utilisé à bord des navires. 

«À compter du 1er janvier 2020, la limite de la teneur en soufre du fuel utilisé à bord des navires exploités en dehors des zones de contrôle sera abaissée à 0,50%. Cela permettra de réduire les émissions d'oxydes de soufre provenant des navires de manière significative et devrait avoir une incidence extrêmement positive sur l'environnement et la santé de l'homme», écrit l'Organisation maritime internationale sur son portail électronique. 
Cette dernière fait également savoir que parmi les nombreux autres points inscrits à l'ordre du jour figure l'application de la Convention sur la gestion des eaux de ballast. «Depuis l'entrée en vigueur de cette dernière, le 8 septembre 2017, les navires sont tenus de gérer leurs eaux de ballast afin d'empêcher la propagation d'espèces aquatiques envahissantes et potentiellement dangereuses. 
Le Comité doit ainsi adopter un projet d'amendements à la Convention qui définira le calendrier d'application relatif à l'installation des systèmes de gestion des eaux de ballast», souligne l'Organisation. 
Les eaux de ballast transportées à bord sont utilisées pour stabiliser les navires, mais peuvent contenir des milliers de microbes marins ou aquatiques, de plantes et d'animaux. «Une fois rejetées sans traitement dans le lieu de destination du navire, ces eaux pourraient potentiellement introduire de nouvelles espèces marines envahissantes. 
Des centaines d'invasions de ce type ont d'ores et déjà eu lieu, avec parfois des conséquences désastreuses pour les écosystèmes locaux», souligne l'Organisation. La Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires a été adoptée en 2004 afin d'établir des règles mondiales pour contrôler le transfert d'espèces potentiellement envahissantes. Au Maroc, le transport maritime assure plus de 95% du commerce extérieur. Le trafic en vrac solide du Maroc représente plus de 50% du trafic national, et se constitue majoritairement des produits d’origine minérale. 
Cette flotte a connu, au cours des deux dernières décennies, une régression annuelle moyenne de 7%. 

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