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À la veille de la clôture, demain à Rome, du deuxième Symposium international sur l'agroécologie, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation a identifié 10 éléments pour favoriser la transition vers des systèmes alimentaires et agricoles durables.

«Produire plus avec moins de moyens». Telle est la devise de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) qui organise à Rome le deuxième Symposium international sur l'agroécologie. La FAO souligne que cette rencontre vise à faire passer l'agroécologie du dialogue à l’action aux niveaux régionaux et nationaux en offrant l'occasion de partager des idées et des expériences, tout en discutant des politiques et actions susceptibles de soutenir l'agroécologie dans la réalisation des Objectifs du développement durable (ODD) et accompagner la décennie de l'agriculture familiale face à la raréfaction des ressources naturelles. «L’agroécologie est à la fois le concept qui vise à gérer et à stimuler les processus écologiques de la nature en vue d’améliorer la productivité et d’éviter aux agriculteurs d’être confrontés à certains problèmes agricoles, tels que les infestations, les maladies parasitaires ou la dégradation des ressources». Pour y parvenir, la FAO a identifié 10 éléments à commencer par la diversification des cultures dans le même espace qui offre une gamme d’avantages productifs, nutritionnels et environnementaux. Le partage des connaissances, afin d'associer les données scientifiques aux connaissances traditionnelles, et la synergie entre l'ensemble des aspects du système agricole, tels que les cultures, les animaux, les sols et la participation communautaire, sont également souhaités par la FAO. 
Le non-gaspillage des ressources et le recyclage permettent de protéger la biodiversité et de réduire les coûts de production. 
«Du fait qu’ils renforcent la résilience écologique et socio-économique, les systèmes agroécologiques sont plus à même de se relever des désastres tels que la sécheresse, les inondations ou les ouragans, et de résister aux attaques de ravageurs et de maladie. La diversification permet de réduire la vulnérabilité des producteurs dans le cas où la production d’une culture ou d’une denrée unique échouerait. La réduction de la dépendance à l'égard des intrants externes augmente l'autonomie des producteurs et réduit leur vulnérabilité aux risques économiques», souligne l'Organisation onusienne. Selon des études, réduire de 30% les quantités d'engrais n'affecterait pas les rendements à l'hectare. En 2006, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement et l'Institut national de la recherche agronomique (France) avaient confirmé que l'on a la capacité de nourrir la planète avec un scénario s'appuyant sur des systèmes agricoles durables. 

Une autre étude pilotée en 2011 par l'Université d'Essex (Royaume-Uni) a analysé 286 projets menés dans 57 pays en développement et couvrant une surface totale de 37 millions d'hectares et a conclu que les projets agro-écologiques ont affiché une augmentation moyenne des rendements de 80%, «avec une augmentation moyenne de 116% pour tous les projets africains», selon Olivier De Schutter dans un rapport présenté à Genève. Parmi les 10 commandements de la FAO figurent également les valeurs humaines et sociales qui contribuent toutes à des moyens de subsistance durables. «L’agriculture fait partie du patrimoine de l'humanité, les traditions alimentaires jouant un rôle central dans la société. Toutefois, dans de nombreux endroits, il y a une disjonction entre les habitudes alimentaires et la culture. 
Cela a contribué à créer une situation où la faim et l'obésité coexistent», avertit la FAO. L’agroécologie joue, par conséquent, un rôle important en conciliant tradition et habitudes alimentaires modernes. 
Un accès équitable à la terre et aux ressources s’avère essentiel non seulement pour garantir la justice sociale, mais également pour encourager les investissements à long terme dans la durabilité. 
Enfin, la FAO recommande une économie circulaire et solidarité afin d'appuyer les économies et les marchés locaux qui offrent des moyens de subsistance durables aux membres de leur communauté. «L’agroécologie s’efforce de raccourcir les circuits alimentaires en diminuant le nombre d'intermédiaires, de sorte à accroître les revenus des producteurs de denrées alimentaires tout en assurant des prix équitables pour les consommateurs», conclut l'Organisation 
onusienne. 
 

 

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