Éco Conseil

Éco-Conseil : Comment se préparer pour réussir dans ses nouvelles 
missions en entreprise ?
Meryem Benslimane :
En réalité, quand on parle de nouvelles missions en entreprise, cela revient à la gestion du changement avec toutes les contraintes et les défis que cela impose. Être amené à gérer de nouvelles missions, cela revient à sortir de sa zone de confort pour faire un pas dans une situation, plus ou moins, inconnue. Il faut donc bien s’outiller pour gérer cette nouvelle phase.  Premièrement, il faut établir une vision claire et déterminée et savoir ce qu’on veut atteindre comme but pour pouvoir identifier des étapes avec des objectifs précis. Deuxièmement, il faut faire ce qu’on appelle l’analyse SWOT (forces, faiblesses, possibilités, menaces) qui revient à identifier les forces sur lesquelles on doit s’appuyer pour réussir les nouvelles missions et les faiblesses qu’on doit gérer. C’est aussi le fait d’identifier, sur le plan environnemental, les opportunités qui s’offrent à nous et qui nous permettront d’avancer et les menaces qui peuvent nous freiner et constituer une entrave à la réalisation des objectifs.  Troisièmement, il faut prendre le temps de connaitre l’équipe qui va nous accompagner dans cette mission et surtout de décrypter le profil de chacun en matière de potentiel et de besoins. À mon avis, tout le défi est là, parce qu’une relation avec les membres de l’équipe permettra au manager de relever plusieurs défis et de bien réaliser ses nouvelles missions. C’est une étape qu’il ne faut surtout pas négliger, car, rappelons-le, ce sont les collaborateurs motivés et engagés qui permettent à l’entreprise d’avancer, encore faut-il qu’ils soient satisfaits.

Justement, quelles sont les actions à envisager pour motiver ses collaborateurs autour de sa vision stratégique ?
S’il y a une clé pour motiver les collaborateurs autour de la vision stratégique c’est bien le fait de penser gagnant-gagnant. C’est fondamental dans la mesure où, certes l’entreprise doit prospérer, mais elle ne le fera jamais sans ses clients internes. Il va falloir les satisfaire, les écouter et surtout répondre, dans la mesure du possible, à leurs besoins pour qu’ils soient plus rentables et plus productifs. Il faut aussi que ces collaborateurs se voient impliqués dans la vision stratégique de l’entreprise pour qu’ils puissent y adhérer. On entend souvent les collaborateurs se plaindre du fait de ne pas recevoir l'information à priori sur les projets de l’entreprise et du manque de communication interne. Ce volet doit être bien travaillé si on souhaite que les collaborateurs soient eux-mêmes acteurs dans les nouveaux projets. Il est à noter aussi que les profils des collaborateurs et leurs besoins sont différents. Si certains sont motivés par une augmentation de salaire, d’autres sont plutôt à la recherche de l’implication ou même de la reconnaissance. Le manager doit être à l’écoute de ses collaborateurs pour identifier leurs besoins et essayer d’y répondre. Je tiens à souligner que c’est très fondamental pour réussir un changement en entreprise et y impliquer l’ensemble des collaborateurs. Autre point important pour impliquer les collaborateurs c’est d’avoir un système d’évaluation basé sur la performance. Le but étant d’accompagner les collaborateurs à être plus créatifs, de les aider à donner le meilleur d’eux-mêmes et surtout de les impliquer dans la réussite des nouvelles missions. 

Comment gérer la peur de l'échec ?
Comme j’ai cité au début, avoir de nouvelles missions en entreprise c’est  en quelque sorte gérer une période de changement qui n’est pas toujours aisée. C’est bien connu qu’un changement engendre des sentiments de peur et de frustration. Pour y faire face, je dirai qu’il faut partir dès le début avec le principe qu’on est en train de vivre une nouvelle expérience professionnelle qui nous permettra d’apprendre de nouvelles choses. La peur de l’échec est légitime et c’est même le signe qu’on a pris les nouvelles missions avec sérieux, mais cette peur ne doit pas être exagérée, au risque que cela devienne une auto-sabotage. Il est à noter que l’échec doit être considéré comme une expérience qui permet d’apprendre pour mieux rebondir. Nous avons tous un paradigme culturel qui favorise le perfectionnisme et fait régner la hantise de l’échec alors que sans échec, il n’y aura pas de remise en question et donc pas d’apprentissage.

À partir de quel moment faut-il se faire accompagner ? 
Le changement n’est jamais difficile à gérer. Si certaines personnes peuvent le faire toutes seules, d’autres se voient obligées de recourir à spécialiste, notamment un coach professionnel. 
Il s’agit, par exemple, des personnes qui n’arrivent pas à sortir de leur zone de confort et qui restent emprisonnées de leurs idées négatives et leurs croyances limitantes. Là, le coach peut intervenir pour faciliter cette phase de transition. Son travail consistera à accompagner son client, via des techniques de questionnement et de reformulation pour qu’il puisse dépasser ses points de blocage et affronter la nouvelle phase avec courage et déterminisme. 

Ces soft skills qu’il faut développer

Quand on est amené à gérer de nouvelles missions, la première chose à laquelle il faut penser c’est de faire un travail sur soi. Il ne s’agit pas uniquement de développer ses compétences professionnelles, mais aussi d’acquérir et de développer certains soft skills. Il s’agit, entre autres, de développer :
• La confiance en soi : C’est un facteur déterminant de réussite en entreprise. Un manager qui a confiance en lui-même s’impose et gagne rapidement la confiance et l’adhésion des autres. Cela passe notamment par un discours intérieur positif et par le passage à l’action.
• L’intelligence émotionnelle : Il faut être capable de comprendre ses propres émotions et celles des autres pour mieux agir dans les différentes situations, notamment celles de conflit. Une prise de recul est nécessaire pour parvenir à développer son intelligence émotionnelle.
• L’empathie : Souvent négligée, cette compétence devient désormais indispensable dans le management de projets et surtout de personnes. D’ailleurs, l’empathie c’est cette présence à la réalité de l’autre qui permet une meilleure compréhension et une bonne gestion des relations en entreprise.
• La gestion du stress : Elle est devenue indispensable. L’une des techniques les plus recommandées dans ce sens c’est l’EFT (emotinal freedom technics). Elle permet de se libérer des émotions négatives qui engendrent le stress via le tapotement de certains points du corps.
• L’écoute active : C’est une qualité indispensable pour mieux convaincre et communiquer en entreprise. Écouter activement l’autre, c’est être présent à lui. Autrement dit, il s’agit d’oser sortir de sa zone de confort pour mieux comprendre son interlocuteur.
• La prise d’initiative : Les collaborateurs qui réussissent en entreprise sont ceux qui anticipent les changements et qui prennent des initiatives. Ils ne se limitent pas à exécuter à la lettre les directives de la hiérarchie, mais ils communiquent sur leurs idées.
• Le passage à l’action : Avoir une vision claire et déterminée est une bonne chose, mais c’est le passage à l’action qui permettra de concrétiser les objectifs. Il faut apprendre à maitriser la peur de l’échec et passer à l’action en toute confiance. C’est ce passage à l’action qui fait la différence entre ceux qui concrétisent leurs projets et ceux qui n’y arrivent pas.

 


Propos recueillis par Nabila Bakkass

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