8 Mars

«Le 8 mars est une date importante pour les droits des femmes. Cette journée est célébrée à travers le monde pour faire le bilan des actions engagées, recenser les acquis et rappeler que le combat pour l’égalité continue. Si nous devions faire le point aujourd’hui, je soulignerais volontiers les avancées enregistrées pour instaurer le principe d’égalité et on le voit dans les réformes introduites dans plusieurs textes, dont le Code de la famille, le Code pénal, le Code du travail, le Code de la nationalité et, plus récemment, dans l’adoption de la loi contre la violence faite aux femmes, même si elle reste perfectible. Mais je soulignerais, et peut-être de façon plus marquée et avec plus de vigueur, tout le chemin qu’il reste à parcourir. Tant qu’il y aura des filles privées d’école et d’éducation, tant que les disparités femmes-hommes face à l’emploi sont encore importantes, tant que les mariages forcés continuent d’exister, tant que les femmes ne sont pas complètement protégées contre toute forme de violence et de discrimination, nous ne pouvons pas parler d’égalité,
de parité et d’équité. Nous devons nous mobiliser encore plus et tracer une nouvelle feuille de route. Et dans cet ordre d’idées, il me paraît important d’agir en amont. Nous perdons souvent de vue tout le travail que nous pouvons faire pour sensibiliser et former les petites filles et les petits garçons à la culture de l’égalité. La société civile revendique, milite, manifeste pour les droits des femmes, parvient à arracher des droits. Qu’elle continue de le faire, nous en avons grandement besoin. Mais l’égalité est à mon sens notre affaire à tous. Je pense à l’école, à la famille, aux médias pour intervenir auprès des petites filles et des petits garçons et lutter très tôt contre les stéréotypes. Si je devais mener une action pour l’égalité, ce serait celle-ci : former et mettre à la disposition des éducateurs, des parents et des décideurs des moyens et des ressources pour offrir aux filles et aux garçons une éducation à l’égalité dès les toutes premières classes. Car souvent, les modèles proposés à l’école, dans les familles et dans la société consacrent l’inégalité et produisent ces croyances limitantes qui confinent les filles et les garçons dans des rôles stéréotypés. Alors, agissons ensemble pour prévenir la discrimination, nous obtiendrons, en fin de course, moins d’inégalités. C’est mon souhait pour le 8 mars.» 

Myriam Ezzakhrajy, vice-présidente de l’Union de la presse francophone-Maroc


Soumaya Naamane Guessous, sociologue et écrivaine

«La situation des femmes marocaines a connu énormément d’évolution, ne serait-ce que parce que les femmes sont de plus en plus scolarisées et que la société civile est de plus en plus mobilisée. On peut dire qu’il y a une vraie prise de conscience de l’importance de l’évolution de la situation de la femme. Ce qui est intéressant à noter aussi, c’est qu’aujourd’hui, tous les métiers sont ouverts aux femmes, notamment, comme on l’a vu récemment, celui de adoul. L’accès à ce métier est une très grande première, parce qu'il était considéré comme un métier d’hommes et lors de la signature de l’acte, les femmes étaient mises de côté. Or aujourd’hui, l’acte de mariage ne sera plus l’exclusivité des hommes. Par ailleurs, on s’attendait à ce que la loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, attendue depuis des décennies, soit plus satisfaisante, et qu’elle touche également le viol conjugal qui est toujours un tabou. Aussi, le débat est aujourd’hui ouvert sur une certaine égalité au niveau de l’héritage et si on arrive à faire abolir le principe du “Taassib” pour les femmes, ce serait excellent, sans pour autant toucher le texte coranique. En effet, il n’y a aucune raison pour que des femmes responsables dans divers secteurs, qui soutiennent leurs familles, ne puissent pourtant pas hériter seules. On souhaite également que chacun ait la possibilité d’écrire un testament en faveur de ses héritiers potentiels s’il le souhaite. D’un autre côté, la Constitution parle de genre et de parité. On voudrait donc voir plus de femmes dans les postes de décision. Et une des lois qui devrait être consolidée, c’est la scolarité des petites filles avec une contrainte réelle pour les parents qui interrompent la scolarité de leurs filles et ceux qui envoient leurs filles travailler avant l’âge légal. Dernier point, nous avons une Moudawana qui a fixé l’âge du mariage à 18 ans et nous savons que les mariages précoces continuent à prospérer. Dans ce cadre, on voudrait que cette loi soit plus contraignante et qu’elle s’applique réellement.» 


Fatima Zohra Chaoui, présidente de l’Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes (AMVEF)
«La situation de la femme connaît une régression. Il y a une régression concernant l’accès des femmes à leurs droits et il y a une montée de la violence à l’égard des femmes. La loi qui a été adoptée par les deux Chambres du Parlement ne répond pas aux attentes des femmes et ne résout pas le problème de la violence. D’ailleurs, comme le démontre la dernière étude de l’ONU, la violence à l’égard des femmes est très tolérée. Ceci s’explique par la culture de la société et le discours islamiste répandu et qui encourage les discriminations entre hommes et femmes. Donc, la régression est palpable à tous les niveaux. Maintenant, ce qu’on compte faire, c’est veiller à ce que la loi sur la lutte contre la violence, même si elle ne répond pas à nos attentes, soit bien appliquée. Qu’il y ait des jurisprudences en faveur des femmes. Il y a un combat qui va être mené à ce niveau et aujourd’hui les associations féministes sont en train de demander une révision du Code de la famille, qui ne correspond plus à la réalité sur la situation des femmes, puisqu’il a été promulgué avant la Constitution de 2011 et donc il n’est pas en cohérence avec la Constitution. Et bien sûr, on va veiller à ce que la Constitution, qui demeure notre recours, soit appliquée.» 


Lamia Bazir, fondatrice et directrice de l’Initiative Empowering Women in the Atlas (EWA)

«La situation de la femme marocaine a enregistré de nombreux progrès, notamment au niveau législatif, avec la Moudawana qui a apporté de nombreuses avancées pour l’accès des femmes à leurs droits. Maintenant, au niveau de l'accès à l’éducation, à l’université, à la formation et à l’insertion professionnelle, nous avons aussi enregistré certains progrès, mais le problème que nous avons au Maroc, c’est la difficile généralisation de l’opportunité et des accès. Aussi, la plupart des actions qui ciblent les femmes défavorisées n’ont pour but que d’apporter un soutien ou une aide ponctuelle. Or cela n’est pas suffisant, il s’agit d’intégrer réellement la femme dans la chaine de création de valeurs économiques, d'offrir à ces femmes des perspectives de croissance et de leur permettre réellement d’améliorer leurs conditions. À ce titre, je pense qu’il y a un travail énorme à mener pour faire appliquer les lois, mais aussi au niveau culturel, pour améliorer l’image de la femme et son rôle dans l’économie, la politique et la société. Il faut démontrer à toute la population, femmes et hommes, que l’accès à l’éducation, à la formation et à l’égalité vont bénéficier à toute la société, pas seulement à la femme. En effet, la plupart des personnes qui continuent à perpétrer certaines pratiques discriminatoires et nuisibles envers la femme ne sont pas convaincues par un autre modèle. Il faut donc les convaincre que l’avenir c’est la femme. Si on n’investit pas dans la femme, on ne va pas résoudre les problématiques de la société. Et investir veut dire les outiller, leur donner les connaissances, les accès et les opportunités pour qu’elles transforment leur communauté.» 


Amal Cherif Haouat, présidente de la Caravane de sensibilisation sur le Statut de l’auto-entrepreneur

«En se référant aux indicateurs socio-économiques concernant les femmes dans la société marocaine, on peut faire le constat du changement qu’a connu la situation de la femme depuis l’Indépendance. Bien que les déficits demeurent, le taux de scolarisation et le niveau d’éducation atteints par les femmes par rapport à la génération de leurs aînées, la mixité à l’école, leur implication dans la vie professionnelle et leur rapport à l’espace public attestent ce changement survenu en un demi-siècle. D’autres atouts, qui constituent un capital valorisant pour la femme, ont émergé, tels que l’éducation et l’emploi rémunéré qui, même s’ils ne sont pas entièrement généralisés, permettent aux femmes de sortir de chez elles. Le phénomène de l’implication des femmes dans la sphère économique et l'augmentation progressive des femmes actives sur le marché du travail sont devenus un acquis de l’évolution sociale et culturelle et des rapports de genre dans la société. Même si les statistiques montrent des différences significatives entre les hommes et les femmes quant à l’activité, il n’en demeure pas moins que le taux d’activité des femmes a évolué. Cela étant, certaines réalités doivent être examinées pour permettre une meilleure représentativité des femmes dans les rangs supérieurs de l’élite du monde des affaires du Maroc. De manière générale, les femmes entrepreneures, gestionnaires et cadres supérieures d’aujourd’hui sont guidées par leurs objectifs et leurs passions. Elles ont réussi à gravir les échelons, même lorsqu’elles ont dû affronter de grands obstacles, comme concilier efficacement vie professionnelle et vie familiale, avoir du succès malgré les idées désuètes liées aux femmes tenant un poste de gestion. Pourtant il y a un écart important entre les avantages offerts aux femmes des échelons supérieurs et ceux donnés à leurs équivalents masculins, particulièrement en ce qui a trait aux salaires, aux promotions, aux tâches et au pouvoir décisionnel. Ces réalités révèlent qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour s’assurer que les environnements de travail au Maroc promeuvent et offrent des chances égales.» 


Rajaa Kantaoui, experte en gestion des crises et affaires institutionnelles des secteurs sensibles
«La femme marocaine avance sereinement et fait ce qu'elle sait faire, en faisant preuve d'imagination et de créativité. Le challenge que peut relever le Maroc est justement celui de pouvoir suivre ou pas sa démarche rythmée... Je peine à le dire, mais les femmes n'attendent plus rien d’une société sclérosée, figée, empêtrée dans des institutions creuses, à coup de lois qui disent tout et son contraire, sur des dossiers importants comme le mariage des mineurs, l'IVG volontaire ou l'héritage. Il n'y a qu'à comparer la portée de l'article 19 de la Constitution avec les textes en vigueur (Code de la famille, Code pénal...) pour se rendre compte de la distorsion entre la volonté suprême, initiée par S.M. le Roi Mohammed VI, et la production législative en vigueur. Beaucoup de nos lois doivent être repensées afin d’initier un changement. L’urgence n’est plus de défendre la femme marocaine, mais de la protéger ! La question devient celle de la survie, plutôt que du progrès. Il n'existe toujours pas de loi claire contre le harcèlement dans la rue. À mon sens, le harcèlement ou le viol doivent être considérés comme étant beaucoup plus graves que les autres types de crime, puisqu’ils anéantissent la dignité de l’être humain. Je me désole de constater que la récente loi sur la violence faite aux femmes a simplement omis cet aspect. Certes, ce nouveau texte incrimine pour la première fois certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d’agression ou d’exploitation sexuelle, mais cela reste insuffisant. Aujourd’hui, le Maroc opère des changements tous azimuts en vue de supporter un mouvement global d'émancipation d’une société où la femme n'est jamais jugée capable par défaut, où elle doit redoubler d'efforts afin de prouver sa légitimité. Pourtant, changer la société à travers le leadership féminin est possible. La gouvernance féminine n'a rien à envier à celle de l'homme. Elle se veut fédératrice, exigeante et visionnaire, tant elle prend en considération l'intérêt des différentes parties prenantes.» 


«Le thème de la Journée internationale de la femme cette année est “L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes”. Nous considérons à ONU Femmes que le mouvement mondial pour les droits des femmes, l’égalité, la dignité, la sécurité et la justice a réalisé un colossal travail de plaidoyer et a permis à l’humanité de progresser en faveur de l’égalité des sexes. Sans cette mobilisation de femmes courageuses à travers le monde réclamant les droits et exigeant la redevabilité des États et des institutions, sans cette merveilleuse dynamique des associations, réseaux et coalitions, les changements en faveur de l’égalité n’auraient pas été possibles. Elles ont lutté contre les violences, le mariage des mineures, le travail des petites filles, pour l’accès à la terre, contre l’inégalité en héritage et d’autres causes encore, parfois dans des contextes difficiles. Aussi, notre message cette année est de dire que les sociétés qui progressent sont celles qui prêtent attention aux voix des militantes et militants pour les droits des femmes. C’est l’occasion pour moi d’exprimer toute mon admiration pour ces femmes et ces filles, mais aussi pour les hommes et les garçons, qui plaident depuis des décennies au Maroc pour l’égalité entre femmes et hommes. Ce sont ces femmes et ces filles qui bravent les obstacles et les difficultés pour réclamer une vie meilleure qui nous inspirent, et qui exigent de nous des efforts supplémentaires pour mettre fin à la discrimination contre les femmes.» 

Leïla Rhiwi, représentante du bureau ONU Femmes multi-pays Maghreb

 


Mouna Kadiri, directrice du Club Afrique Développement du groupe Attijariwafa bank

«Si on fait une comparaison avec il y a 50 ans, on peut dire que l’évolution de la situation de la femme marocaine dans les zones urbaines est notable. Mais l’enjeu actuellement, c’est d’aller plus vite que l’évolution démographique. Je ne peux pas me réjouir aujourd’hui tant qu’une femme en âge de travailler sur deux est analphabète, selon les chiffres du HCP, et que la situation des femmes en termes d’employabilité est en recul, alors qu’elles sont mieux diplômées que les hommes. C’est très intéressant de voir les entreprises communiquer sur le leur taux d’emploi des femmes, mais quand ont fait un focus sur leur présence dans les organes de gouvernance, là où il faut avoir un véritable pouvoir de décision, on constate que très peu y figurent. Il est vrai qu’il faut prôner la compétence et celle-ci n’a pas de sexe. Mais n’empêche qu’il y a énormément de femmes compétentes alors que persiste une inégalité inacceptable entre leurs salaires et ceux des hommes. Il reste beaucoup de travail à faire. S’il y a un message à faire passer à travers cette Journée internationale des droits de la femme, c’est la nécessité de se battre sur le terrain pour améliorer le sort de nos compatriotes.» 


Sonia Mezzour, vice-présidente du bureau «Partenariat public-privé» de la Commission économique pour l'Europe des Nations unies

«En tant que femme marocaine qui a fait ses études à l’étranger et travaillé à l’international, je peux dire que nous n’avons absolument rien à envier aux autres pays. En Californie, les professeures américaines gagnent 50% de moins que leurs homologues masculins. Il existe dans les pays occidentaux un machisme que nous n’avons pas aujourd’hui au Maroc. Il faut donc faire attention aux stéréotypes. Il est vrai qu’il y a des choses qu’on peut améliorer et on doit faire en sorte que la femme marocaine puisse vraiment impulser les politiques publiques nationales. Ce qui revient à dire qu’il faut lui laisser la place pour qu’elle puisse déployer tout son potentiel. La femme marocaine a des choses à dire et possède un savoir-faire. De plus, c’est elle qui veille à la préservation de la famille. Quand une femme marocaine gagne un dirham, elle le dépense pour sa famille. Il faut voir cela de manière positive tout en essayant de faire en sorte à ce que nos femmes puissent accompagner d’autres femmes dans le déploiement de leur potentiel économique, social et environnemental. Parce que c’est à nous aussi de partager nos compétences, nos expériences et nos défis. Des défis, il y en a beaucoup, certes, mais je pense que nous sommes sur la bonne voie grâce à la politique initiée par notre Souverain.» 


«Les inégalités hommes-femmes constituent toujours et malheureusement une réalité dans l’entreprise marocaine. La disparité apparaît sur plusieurs niveaux. D’abord, au niveau du salaire. Au Maroc, à travail égal, une femme peut être payée en moyenne 25% de moins qu’un homme. Cela s’explique par le fait que la majorité des créateurs d’entreprises sont des hommes et qu’ils estiment que c’est plus facile de négocier un salaire avec un homme qu’avec une femme. Ils sont plus enclins à augmenter le salaire d’un homme que celui d’une femme, en se basant sur l’environnement social et culturel. Or l’employeur ne devrait normalement pas établir de différences en matière de rémunération selon le sexe de l’employé. Un homme et une femme qui exercent un travail équivalent devraient normalement percevoir un même salaire. Aussi, lors du recrutement, l’entreprise ne doit pas retenir le sexe comme critère de recrutement. Elle ne peut donc pas invoquer comme motif de refus d’embaucher le sexe du candidat ou une éventuelle grossesse. Il en est de même des carrières. Les femmes et les hommes devraient avoir le même droit à la formation, à la promotion, au congé payé et aux possibilités de mutation professionnelle. Cela est valable aussi pour les sanctions disciplinaires, notamment pour la mise à pied ou le licenciement. Tout cela doit être décidé sans prendre en considération le critère du sexe. Dans les conseils d’administration également il y a peu de femmes et beaucoup d’hommes. Un autre niveau et non des moindres : le harcèlement sexuel et moral dans la vie professionnelle. Plusieurs femmes sont sujettes au harcèlement sexuel et il faut qu’il y ait une révision du Code du travail dans ce sens. Les femmes sont plus sujettes au harcèlement moral que les hommes parce qu’on se base sur les spécificités culturelles qui font que la femme a souvent honte de dire qu’elle a subi un harcèlement. Elle a honte d’en parler et de s’exprimer et c’est ce qui donne un peu à l’homme cette liberté d’agir dans ce sens.» 

Leïla Naïm, professeure chercheuse en communication et comportement, coach consultante senior et responsable du master RH à ESCA École de management


 

Farida Jirari, directrice générale de l’Association pour le progrès des dirigeants (APD)

«Le Royaume du Maroc a enregistré au cours de ces dernières années d’importantes réalisations notamment dans le domaine de l'autonomisation des femmes, pour parvenir à des progrès graduels, mais sûrs, selon des approches qui font de la femme, le centre de l'attention et de l'action. Ceci afin d'établir les bases d'un développement juste et durable et d’accumuler de multiples réformes qui reflètent la transformation dynamique et le processus de construction démocratique et institutionnelle mené par notre auguste Souverain. Il faudrait  souligner les différents engagements pris par le Maroc   pour renforcer  les  droits sociaux, économiques et politiques, de la femme, en tant qu’actrices principales du développement, mais aussi l'assurance de l'égalité des chances avec les hommes. Cette parité permettrait aux femmes de participer au développement économique et social, de produire de la richesse, et créer plus d’entreprises à haute performance à même de générer plus d’emplois et d'innovation. À cet effet, la Constitution de 2011, affirme que les hommes et les femmes doivent jouir, sur un pied d'égalité, des mêmes droits et obligations et de ce fait un environnement approprié a été créé pour lutter contre la discrimination des femmes et asseoir leur autonomisation. Après une première génération de lois prônant les droits de la femme, sur  les lois du travail, de l’emploi et du commerce, de nouvelles évolutions sur le plan législatif  ont  été réalisées  avec l'adoption  par le parlement de la loi 10313 contre les violences faites aux femmes , le véritable défis est l'implantation de cette loi et les questions pratiques pour remédier à ce fléau. Toutefois, un long chemin reste à parcourir et le prochain challenge serait notamment de faire adopter une loi qui interdirait le mariage des mineures. Pour conclure, je souhaite rendre un hommage à la femme marocaine et à la femme dans le monde et encourager le combat contre la précarité, l’inégalité, la violence, la discrimination... Vive la liberté de rêver, de penser, de créer de manager et d’être une femme respectée, travaillons tous pour une société égalitaire, juste et prospère ! 


Jihane Benslimane, directrice générale de Hera Consulting
«La femme marocaine n'est malheureusement pas encore très présente dans l'économie marocaine et par conséquent dans le management. À mon avis, la femme a les mêmes possibilités d'évolution qu'un homme dans le secteur public comme dans le privé. Cependant, j'ai souvent eu l'occasion dans mes missions de discuter avec des femmes compétentes refusant ces évolutions, des responsabilités ou plus d'heures de travail à fournir. Beaucoup de femmes se créent des barrières personnelles. Elles ont peur d'évoluer, car elles se focalisent davantage sur la croissance des contraintes et des risques que sur leur développement personnel et professionnel. Pour que ces mentalités évoluent et que l'expérience entrepreneuriale au féminin se développe, il est essentiel que plus de dispositifs d'aide à la création d'entreprises naissent et que le soutien de l'entourage soit plus important. Certaines études ont démontré que les femmes qui créent leur entreprise au Maroc sont en moyenne moins éduquées que l'ensemble de la population. D'ailleurs, beaucoup d'entre elles travaillent dans le secteur de l'informel. De plus, lorsque la création d'entreprises se fait suite à une expérience professionnelle, la femme entrepreneur se retrouve en difficulté par manque de maîtrise managériale ou à cause des obstacles dans l'accès au financement. Ceci explique que le soutien de l'environnement familial est primordial dans l'entrepreneuriat féminin. Je pense que les responsables et l'entourage familial doivent aider les femmes à développer leur expérience managériale, à accepter les responsabilités, développer leur créativité, leur autonomie incluant les contraintes que cela peut engendrer. Les entreprises peuvent également proposer un incubateur de projets innovants pour aider et soutenir leurs salariées à développer leur potentiel managérial entrepreneurial. 

 

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