Éco Conseil

Combien de fois cherchez-vous à plaire à travers vos attitudes, vos avis, vos concessions ou vos réalisations ? Souvent ? Vous le faites consciemment ou inconsciemment ? La réponse est difficile à formuler, d'autant que nous agissons «souvent» en mode pilotage automatique dans nos interactions journalières, et donc nous avons du mal à identifier le vrai du faux. Cela dit, si vous sortez de votre sphère personnelle d’introspection et que vous essayez de contempler les personnes que vous croisez, vous allez être surpris par le nombre d'actes et de gestes à travers lesquels elles tentent de plaire… constamment, tous les jours.

Pensez-y ! L’intention de plaire est omniprésente et elle est profondément ancrée dans nos personnalités. Cela dit, il ne s’agit pas d’une finalité en soi. Elle ne peut pas être réduite à un pur besoin égocentrique ou narcissique (on plait, donc, on existe !). Elle représente plus une volonté d'enrichir :
• Notre capital «conformité» en nous identifiant et en nous conformant à une image que l’autre a de nous, ou une image qu’il souhaite avoir de nous.
• Notre capital «socialisation» en satisfaisant notre besoin de rester entourés par des personnes qui nous considèrent «sociables».
• Notre capital «sympathie» en nous permettant d’influencer les autres afin qu’ils se conforment ou adoptent nos suggestions.
• Notre capital «respect» en gagnant l’admiration de l’autre par rapport à une éventuelle réalisation, et qui induit, dans certains cas, aussi les intentions 2 et 3 en quelque sorte.
L’intensité de notre prédisposition vis-à-vis de ces enrichissements (conformité, socialisation, sympathie et respect) alimente constamment la volonté de plaire et la crainte de déplaire. Elle conduit inévitablement à la fausse bonne idée d’essayer de plaire à tout le monde. Cela dit, vous ne pouvez pas plaire à tout le monde, et plus exactement vous n'êtes pas censés plaire à tout le monde. 
Il faudrait savoir accepter que nous ne puissions pas être d’accord avec tous, que certaines décisions demandent de nous un arbitrage qui ferait que les gens vont préférer s’éloigner de nous. Vous devriez aussi être sûr que certaines situations feront aussi que vous devriez être franc et authentique, mais cette franchise fera que vous ne devriez pas être forcément sympathique. Et surtout, tout ce dont vous êtes fiers, en termes de réalisations, ne peut pas provoquer que de l’admiration et du plaisir autour de vous, car certains ont des priorités qui sont loin des vôtres. Ces exemples montrent l’adversité dans laquelle vous pouvez vous retrouver concrètement.
Reconnaitre qu’on ne peut pas plaire à tous, ne veut pas dire être dans l’animosité, dans l’antipathie ou dans la rébellion. Cela veut dire aussi que vous donnez, dans certaines circonstances, plus d’intérêt à des valeurs plus importantes pour vous : la liberté, l’authenticité, la franchise, et la clarté de vos intérêts sur le long terme. Savoir qu’on ne plaira pas à tous c’est reconnaître l’adversité de la diversité. L’essentiel est de savoir bien accepter la diversité et la différence et non de canaliser toute l’énergie vers l’intention aveugle de plaire !  
* Farid Yandouz est Change & Management Advisor

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