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Dans un contexte de plus en plus orienté résultats et délais, la réactivité se hisse vers la sphère des compétences et attitudes comportementales les plus appréciées. Organisations, dirigeants et managers sont sans cesse soumis à une exigence accrue de réactivité directement liée à la performance. Mais qu'est-ce que la réactivité ? Comment la stimuler ? Réactivité ou pro-activité ? Les détails avec le directeur du Pôle stratégie, organisation et capital humain à Promamec, Mohammed Benouarrek.

Éco-Conseil : Parmi les compétences clés d’un individu est la «réactivité». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette compétence ?
Mohammed Benouarrek
: La réactivité est une compétence méga-importante, comme toutes les compétences comportementales. Elle se conjugue au quotidien et peut propulser le salarié vers le haut comme son absence peut le rétrograder vers le bas. En effet, dans un contexte de plus en plus orienté résultats et délais, la réactivité se hisse vers la sphère des compétences et attitudes comportementales les plus appréciées.
De nos jours, le top management requiert, d’une manière croissante, de la présence d’esprit et de la réactivité. Compressée entre les conditions des fournisseurs et les exigences des clients, l’entreprise se voit de plus en plus dans l’obligation d’être réactive à son contexte. Comment alors ne devra-t-elle pas exiger la même qualité de ses salariés ? 
Il s’agit d’une cascade d’exigences, notamment sur l’axe du temps.
Grosso modo, les valeurs et les compétences les plus cruciales demeurent celles liées au comportement humain. La majorité des licenciements 
sont principalement dus à des manquements comportementaux. Quand un salarié n’affiche pas une vivacité 
et réactivité, ceci ressemble beaucoup à un téléphone sans tonalité. Ça ne sert à rien !
La réactivité est l’une des compétences les plus visibles. Elle est facilement remarquée, d’où son importance. Vous pouvez imaginer la frustration d’un responsable qui ne reçoit pas de feedback ou retour de la part de son collaborateur alors que la pression pour avancer ne cesse de croître. Certainement, le manager finira par réagir en le faisant agir. Si le manque de réactivité persiste, le collaborateur risque de perdre son statut, sa position ou bien carrément son emploi. Le nouveau contexte ne tolère plus le push-push.

Cela suppose que la réactivité repose sur un professionnalisme certain. Comment la stimuler chez 
un individu ?

Hélas, la réactivité est faiblement stimulable. Tous comme le reste des traits comportementaux, la réactivité est difficilement acquise après un certain âge. Toutefois, le manager peut agir sur certains leviers afin de la stimuler. Parmi les outils les plus évidents et utilisés, je cite la définition des délais. En effet, sans deadline, le salarié risque de «nager» dans son quotidien et oublier les consignes ou ses missions. D’autres managers préfèrent utiliser le reminders (rappels). L’outil informatique facilite une telle pratique managériale qui peut même être programmable.
Certains managers à tort ou à raison ont recours aux malus et avertissements afin d’éradiquer ou, au moins diminuer le manque de réactivité. Ceci dépend bien évidemment de la personnalité du collaborateur. Ceci dit, l’intéressement dans les missions et les tâches reste plus fructueux pour obtenir des résultats durables.
Il est impératif donc, de bien analyser la personnalité de son collaborateur et d’explorer les éléments de blocage chez lui par rapport au manque de réactivité. La stimulation peut provenir de n’importe quel levier : une implication plus importante au travail, une valorisation, un suivi rigoureux, ou même une sanction des fois. Il s’agit de faire un ancrage mental, si j’ose m’exprimer ainsi, de l’importance de donner suite rapidement aux sollicitations des autres.

Un manque de réactivité peut-il coûter au salarié son poste ?
En Occident, on évoque actuellement beaucoup plus l’importance de la pro-activité. Certains considèrent le rappel comme étant déjà un échec. Dans un monde de plus en plus en mouvement et en flux tendu, il devient impératif de s’inscrire dans une logique de pro-activité et d’anticipation. 
Le cas échant, le collaborateur doit absolument réagir rapidement aux sollicitations professionnelles le concernant. Un manque de réactivité peut être interprété différemment, mais globalement négativement : manque d’intérêt au travail, manque de respect vis-à-vis de son responsable, absence de motivation ou d’auto-motivation, déconnexion de la vie professionnelle, sabotage, ou encore du je-m’en-foutisme. Cette attitude peut coûter au salarié son poste ou sa carrière au sein de l’entreprise. Remédier à une telle posture devient ainsi plus qu’impératif pour pouvoir survivre aujourd’hui. 

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