Économie

La compétitivité des entreprises ne se mesure pas seulement à travers les équipements et la technologie qu'elles possèdent, ou encore les solutions innovantes mises en œuvre. La compétitivité et la performance d'une organisation résident principalement dans sa capacité à fédérer ses équipes et les rallier autour d’une vision unifiante. Cependant, pour cimenter une équipe, il faudra d’abord étudier le comportement de l’ensemble de ses individus, les placer d’une manière complémentaire et intelligente et ensuite les fédérer autour d’une vision ou au moins d’un objectif commun. Le point avec Mohamed Benouarrek, directeur du Pôle stratégie, organisation et capital humain à Promamec.

Éco-Conseil : Quelle est votre définition de l’esprit d’équipe ?
Mohamed Benouarrek :
Tout d’abord, distinguons entre groupe et équipe. Un groupe n’est qu’une juxtaposition d’individus. Pour parler d’une équipe, il faudra avoir une synchronisation interne et un alignement entre l’ensemble des composantes. Ainsi, l’esprit d’équipe se forge et se construit. Il s’agit d’un sentiment d’appartenance liant l’ensemble des membres d’une équipe et qui est travaillé et entretenu via des normes, des pratiques et des objectifs communs.
La capacité de tisser et broder un tel esprit n’est pas donnée à tous les regroupements humains. En partie, cet esprit caractérise les cultures développées, qu’il s’agisse de pays ou d’entreprise. Aujourd’hui, la compétitivité des entreprises ne se mesure pas seulement à travers leur possession des machines sophistiquées ou bien des solutions innovantes, mais aussi à travers leur capacité à fédérer leurs équipes et les rallier autour d’une vision unifiante. D’ailleurs, les cas qui illustrent la magie du collectif sont nombreux qu’il s’agisse du sport ou du monde d’entreprise.

Comment mesurer le degré de cohésion de son équipe ?
Il est impératif de tester la cohésion de son équipe afin de s’assurer que le management appliqué est correct. La culture qui règne peut sembler positive, mais les liens ne le sont pas dans certains cas. En effet, certaines entreprises croient que tout va bien jusqu’au jour où elles découvrent qu’elles ont des matricules dissociés et non des équipes soudées.
Les tests de mesures peuvent être organisés comme ils peuvent venir accidentellement. Certaines entreprises administrent des enquêtes d’engagement ou des tests de cohésion. Aussi, quelques activités de team building servent également pour des tests de cohésion déguisés. Dans d’autres cas, ce sont des incidents et des aléas qui mettent l’équipe en épreuve. La réaction de l’équipe elle-même devient le baromètre de la cohésion.

Quelle politique recommandez-vous pour la maintenir ?
Il faut la créer cette cohésion d’équipe avant de la maintenir. Certes, le challenge y est dans les deux cas de figure, sauf que la mise en place d’une culture inclusive nécessite plus d’effort. Le maintien n’est pas une partie facile n’en plus. Il s’agit de créer des opportunités d’alignement collectif. Pour ne citer que quelques exemples, on peut évoquer la mise en place d’objectifs collectifs et non seulement individuels, l’organisation de réunions et d’espaces de partage, l’investissement dans la proximité relationnelle via des sorties, activités de team building, événements sociaux, etc.
Bref, pour cimenter une équipe, il faudra étudier le comportement de l’ensemble de ses individus, les placer d’une manière complémentaire et intelligente, les fédérer autour d’une vision ou au moins d’un objectif, leur donner du sens dans leur travail collectif et puis les «incentiver» par conséquent. L’équipe réalisera ainsi que «Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin».

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