Marche verte

Le Maroc, de Tanger à Lagouira, célèbre avec fierté le 42e anniversaire de la glorieuse Marche verte, une des étapes les plus marquantes de l’épopée de l’indépendance et du processus de parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume. Cette grande Marche, qui a suscité un élan patriotique inégalé, constitue, à juste titre, un événement phare dans l’histoire du Maroc.

Initiée d’une main de maître, cette Marche qui a révélé le génie politique incomparable de Feu S.M. Hassan II est entrée dans la légende et appartient désormais au patrimoine universel, au même titre que les grands événements ayant marqué l’histoire de l’humanité. Cette marche témoigne de l’ingéniosité du Roi unificateur qui a réussi de manière civilisée et pacifique, à la faveur d’une conviction ferme en le droit au recouvrement des provinces du Sud, à faire hisser, le 28 février 1976, le drapeau national dans le ciel de Laâyoune, annonçant ainsi la fin de la présence coloniale dans le Sahara marocain.

«L’homme semble oublier qu’il peut, par une simple marche pacifique, aboutir à plus de résultats que n’en obtiendrait une entreprise militaire», avait affirmé Feu S.M. 
Hassan II, à la veille du lancement de la Marche verte, le 6 novembre 1975. Un événement qui allait donner une nouvelle impulsion à la dynamique de l’histoire du Royaume.
Cette nouvelle impulsion s’est illustrée, l’année dernière, à travers la célébration pour la première fois dans l’histoire du Royaume, du 41e anniversaire de la Marche verte au Sénégal et le discours prononcé à cette occasion par S.M. le Roi depuis la ville de Dakar et qui revêtent une «grande signification» quant à la profondeur des relations maroco-africaines. Le Souverain a souligné : «Si Je me suis adressé à toi, ce même jour de l’année dernière, à partir de Laâyoune, au Sahara marocain, au sujet de l’Afrique, je m’adresse à toi maintenant depuis le cœur de l’Afrique au sujet du Sahara marocain. Ce discours, prononcé à partir de cette terre accueillante, traduit tout l’intérêt que nous portons à notre continent. La politique africaine du Maroc ne se limitera pas à l’Afrique occidentale et centrale. Nous veillerons plutôt à ce qu’elle ait une portée continentale, et qu’elle englobe toutes les régions de l’Afrique».

La célébration du 42e anniversaire de la Marche verte intervient également au moment où le Maroc fait preuve d’une présence de plus en plus forte en Afrique, après son retour, le 30 janvier 2017, au sein de l’Union africaine (UA). Présence confirmée quelques semaines après à travers sa demande d’intégrer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). En effet, le 24 février 2017, le Royaume, qui jouissait déjà du statut d’État observateur, saisissait la présidence de la Cédéao pour l’informer de son souhait d’adhérer à l’organisation sous-régionale.

Cette année encore, la célébration de la Marche verte intervient au moment où le Maroc fait l’objet, de la part des adversaires de son intégrité territoriale, d’une instrumentalisation odieuse et grotesque dont la noble cause des droits de l’Homme fait l’objet. Ces ennemis espèrent se dérober à la responsabilité qui leur incombe de se montrer réceptifs aux efforts inlassables que la communauté internationale déploie pour parvenir, à travers des négociations substantielles empreintes de réalisme et d’esprit de consensus, à un règlement définitif du différend régional autour de la marocanité du Sahara.

 C’est d’ailleurs un des principaux facteurs expliquant la recrudescence des attitudes hostiles de l’Algérie à l’égard du Maroc. La récente déclaration hasardeuse et provocatrice du ministre des Affaires étrangères algérien, Abdelkader Messahel, traduit clairement l’agacement d’Alger face aux victoires remportées par le Maroc sur la voie de la défense de son intégrité territoriale. Lors d’un débat avec les chefs d’entreprises à l’université d’été du FCE, le patronat algérien, qui s’est tenu en octobre dernier à la Safex d’Alger, juste pour contrer la pénétration marocaine dans les marchés africains, le ministre des Affaires étrangères algérien, Abdelkader Messahel, n’a pas trouvé mieux que d’accuser les banques marocaines de «blanchir l’argent du haschisch en Afrique» et la compagnie nationale Royal Air Maroc de «transporter autre chose que des passagers». Une accusation gratuite et sans fondement, jamais enregistrée dans les annales des relations internationales.

Une accusation qui coïncide avec la tournée régionale de l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara, ainsi qu’avec les préparatifs du Sommet UE-Afrique, prévu fin novembre 2017 à Abidjan. S.M. le Roi Mohammed VI a d’ailleurs reçu, mardi 17 octobre à Rabat, M. Köhler, ancien Président de la République fédérale d’Allemagne et qui a également occupé le poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Auparavant, il avait eu un entretien avec le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani. En recevant Horst Köhler, nouvel envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara, les hauts responsables marocains ont souligné que le Maroc, qui n’a eu de cesse de marquer son adhésion aux valeurs universelles de paix prônées par les Nations unies, demeurait engagé dans la recherche d’une issue à ce conflit artificiel, sur des bases saines et durables, dans le cadre de la proposition marocaine de large autonomie, saluée par la communauté internationale comme sérieuse et crédible.

Aussi, les différents entretiens qu’il a eus avec les leaders et représentants de plusieurs partis politiques ont-ils été l’occasion d’insister sur la nécessité de parvenir dans les plus brefs délais à une solution politique consensuelle à la question du Sahara, sous souveraineté marocaine, ce qui est de nature à permettre de faire face aux menaces terroristes qui guettent la région sahélo-saharienne. Ils ont également constitué une opportunité de réitérer l’attachement du peuple marocain à l’intégrité territoriale du Royaume. Les responsables marocains ont également réitéré l’attachement constant du Maroc à l’instauration de relations fraternelles et exemplaires avec l’Algérie, préalable à l’édification d’un Maghreb uni, dans un environnement régional en constante évolution, marqué notamment par l’accroissement de la menace sécuritaire pour la région sahélo-saharienne.

Aux Nations unies, l’Assemblée générale de l’ONU a infligé une défaite cinglante à ce pays «voisin» en élisant, en juin dernier, le Maroc vice-président de la quatrième Commission, en charge de la décolonisation. Le candidat marocain, Yasser Halfaoui, conseiller à la Mission permanente du Royaume du Maroc auprès des Nations unies à New York, a obtenu 88 voix contre 58 pour la candidate algérienne. Le choix porté sur le candidat marocain, au détriment de la diplomate algérienne, représente un vote de confiance en faveur du Maroc, confortant ainsi son rôle de premier plan, son sérieux et sa proactivité au sein des Nations unies de manière générale et de la quatrième Commission en particulier.

En octobre dernier, le modèle de développement instauré dans les provinces du Sud pour un budget global de 77 milliards de dollars, touchant les secteurs économique, agricole, culturel et touristique, a été présenté devant la quatrième Commission de la 72e Assemblée générale des Nations unies. «Le nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud du Royaume, lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en novembre 2015, concerne une pléiade de secteurs, et met à contribution les ressources de l’État et celles du secteur privé», avait souligné Mhamed Abba, vice-président de la région Laâyoune-Sakia-El Hamra. Cet élu local a par ailleurs rappelé que, lors des dernières élections régionales et législatives, les provinces du Sud avaient enregistré les taux les plus élevés de participation par rapport aux autres régions du Maroc.

La 72e session de la quatrième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU a été marquée par des pétitions ayant mis à nu les violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf et le détournement par les dirigeants du polisario des aides humanitaires destinées aux populations séquestrées dans ce territoire algérien. En effet, les Marocains séquestrés dans ces camps souffrent le martyre, en violation flagrante des règles les plus élémentaires du droit international humanitaire. 

La situation dans ces camps de la honte a empiré au point d’atteindre des proportions dramatiques au mépris des principes, valeurs et normes consacrés par l’humanité. Environ 90.000 personnes, privées de liberté dans les camps du polisario, souffrent le martyre et supportent les affres d’une élite dirigeante qui n’a en tête que la torture des innocents. L’aide humanitaire, destinée en principe aux populations séquestrées dans les camps de Lahmada, est constamment confisquée et détournée au profit des chefs du polisario qui mènent un train de vie extravagant, alors que les populations souffrent de famine, de manque d’eau potable et des moyens élémentaires d’une vie décente. À cette situation humanitaire préoccupante, s’ajoutent les enlèvements et les assassinats auxquels se livrent les milices du polisario. Plusieurs cas de viols de femmes et d’enfants, d’emprisonnement arbitraire et abusif, de torture ainsi que d’élimination physique, sont rapportés avec des détails (noms des tortionnaires, dates des sévices, lieux des détentions) qui ne peuvent laisser de doutes quant à leur véracité. Au fait, il s’agit d’un crime contre l’humanité perpétré par les mercenaires du polisario avec la bénédiction de l’Algérie.

La 72e session de la quatrième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU a aussi mis en avant la pertinence du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour résoudre définitivement le conflit autour du Sahara marocain. Plan soutenu par la majorité des pays ayant des relations diplomatiques avec le Maroc qui reconnaissent sa souveraineté sur le Sahara, en premier lieu tous les pays membres de la Ligue arabe, à l’exception de l’Algérie. Il en est de même pour l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), pour plus de 30 pays africains et plusieurs pays asiatiques.

Conformément aux Hautes Orientations du Souverain, ce Plan d’autonomie a été présenté en 2007 au Conseil de sécurité des Nations unies, qui l’avait qualifié de «sérieux, réaliste et crédible». La proposition marocaine s’inspire de la nécessité de parvenir à un compromis politique en déléguant de larges compétences à la population concernée dans le respect des prérogatives de la souveraineté du Royaume. Par cette initiative, le Maroc garantit à tous les Sahraouis à l’extérieur comme à l’intérieur toute leur place et tout leur rôle, sans discrimination ni exclusive, dans les instances et institutions de la région.

Ainsi, les populations des provinces du Sud géreront elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives. Elles disposeront des ressources financières nécessaires au développement de la région dans tous les domaines et participeront, de manière active, à la vie économique, sociale et culturelle du Maroc. L’État conservera ses compétences dans les domaines régaliens, en particulier la défense, les relations extérieures et les attributions constitutionnelles et religieuses de S.M. le Roi Mohammed VI.

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