Marche verte

L’année 2017 a été marquée par l’organisation de plusieurs événements culturels dans les provinces du Sud. Ces manifestations concernent plusieurs disciplines artistiques.

La formation artistique, un levier pour le développement culturel
Au mois de janvier, la ville de Laâyoune a abrité la première édition du Festival Wennibik, sous le thème «La paix par la diversité». Ce festival a proposé des manifestations qui s’intègrent dans le tissu culturel local : concerts, soirées de poésie hassanie, théâtre de rue, graffiti, spectacles de sports urbains, une exposition de photos et du théâtre.
Cette manifestation artistique a clôturé une formation professionnelle dispensée à des jeunes issus de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra. La formation de 10 mois visait à préparer ces jeunes aux métiers de la régie technique, de l’élaboration et de la gestion administrative des projets culturels et artistiques. Impulsée par la Fondation Phosboucraa et organisée par l’association Racines, la formation professionnelle, baptisée «Le Son du Sud», traduit une vision innovante où la culture se révèle un levier supplémentaire pour le développement socio-économique des territoires. En promouvant la professionnalisation des métiers de la culture, la Fondation Phosboucraa a pour objectif non seulement de créer une nouvelle dynamique économique dans les régions du Sud, mais aussi d’initier une nouvelle manière de contribuer à la valorisation et au rayonnement du patrimoine hassani.

La littérature locale mise en avant
La Fondation Phosboucraa a aussi participé à une autre initiative culturelle au profit des enfants, lancée par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) avec l’appui de la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la jeunesse. Il s’agit de la réalisation de la version hassanie du livre «Le Petit Prince» d’Antoine de Saint-Exupéry. Le livre a été distribué aux écoliers de Gulemim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. La version hassanie du chef-d’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry constitue la 300e traduction du Petit Prince. Tarfaya, étape mythique des lignes de l’Aéropostale, avait inspiré, par ses espaces, ses femmes et ses hommes, au célèbre auteur la substance du «Petit Prince», ainsi que d’autres romans marquants de sa production littéraire internationalement 
reconnue. Grâce à ce projet, le CNDH et la Fondation Phosboucraa visent à promouvoir les droits culturels dans les régions du Sud. Ils souhaitent également valoriser le hassaniya comme une des composantes de l’identité nationale riche et plurielle. Les deux institutions placent cette publication dans le cadre d’une vision à long terme de programmation culturelle faisant de l’aventure saharienne de Saint-Exupéry une locomotive de dynamique et d’animation territoriale, notamment dans les villes mémoires de l’Aéropostale.

Moussem de Tan Tan : patrimoine immatériel
Toujours dans le cadre des activités culturelles organisées dans les régions du Sud, la ville de Tan Tan a accueilli, du 5 au 10 mai dernier, la 13e édition de son Moussem sous le thème «Le patrimoine culturel en partage entre le Maroc et l’Afrique». Proclamé patrimoine immatériel mondial par l’Unesco en 2005, le Moussem de Tan Tan offre aux tribus de la région l’opportunité exceptionnelle de se retrouver et de renouer avec le passé en plus de la joie des retrouvailles… Selon la Fondation Almouggar, à l’origine, ce Moussem était aussi un lieu de rencontre des nomades qui transitaient entre le Maroc et la Mauritanie autour d’un puits situé au bord de l’Oued Ben Khlil.
Le Moussem constituait un lieu de rassemblement de plus de trente tribus nomades venant à la zaouïa du Cheikh Mohammed Laghdaf Maa El Ainin représentant un point de convergence des populations nomades dispersées sur un large territoire. Le Moussem de Tan-Tan jouit aujourd’hui d’une aura internationale. Pour l’édition 2017, les organisateurs ont installé sur la Place de la paix et de la tolérance des tentes thématiques du Sénégal, invité d’honneur, des Émirats arabes unis, du Royaume du Maroc et de la Maison de l’artisan, mettant à l’honneur les trois régions du sud du Maroc.

La culture nomade à l'honneur
M’Hamid El Ghizlane accueille chaque année des manifestations liées à l’ancienne situation de ce carrefour culturel qui accueillait des nomades. La 14e édition du Festival des nomades y a été programmée au mois de mars. Du 27 au 29 octobre, Mhamid El Ghizlane a accueilli la huitième édition du Festival Taragalte qui a mis à l’honneur les femmes africaines, en particulier celles issues du milieu saharien.                                                     

... Et le cinéma aussi
Le Festival du film documentaire sur la culture hassanie de Laâyoune est programmé au mois de décembre afin de faire découvrir et promouvoir les productions documentaires traitant de l’histoire et de la culture du Sahara marocain. Cet événement s’intéresse aux courts et longs métrages documentaires en rapport avec l’histoire, la culture et l’espace sahraouis hassanis. Encouragé par le Centre cinématographique marocain, ce festival a bénéficié en 2017 d’une subvention de 2 millions de dirhams. 

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