Économie

Le passage du salariat au consulting n’est jamais une démarche aisée. Il faut avoir la volonté et être suffisamment outillé pour pouvoir abandonner le confort de la vie salariale, s’engager dans de nouveaux challenges et accepter ainsi les échecs. Il est important également de développer certaines compétences, notamment, l’écoute active, l’esprit d’analyse et de synthèse ainsi que le networking. Le point avec Naoual Bakry, consultante experte en employabilité & en entrepreneuriat.

Éco-Conseil : Comment réussir le passage du salariat au consulting ?
Naoual Bakry : Le consultant est une personne experte dans un ou plusieurs domaines, qui décide de partager son savoir avec des clients/communautés pour développer des idées et des
projets. Le saut du salariat au consulting n’est pas une action anodine, elle devrait être murement réfléchie.
Deux dimensions sont à prendre en considération :
• Sur le plan professionnel : le salarié peut devenir consultant quand il décide de se lancer en solo en capitalisant sur l’expérience et le réseau professionnels qu’il détient, ces deux éléments constituent le socle sur lequel va reposer le démarrage de la nouvelle activité du consultant.
• Sur le plan personnel : c’est un peu plus compliqué, car devenir consultant/entrepreneur veut dire abandonner le confort du salariat, la stabilité professionnelle et financière, il faut d’abord accepter ces éléments avant de passer à la seconde étape : le métier de consulting nécessite à un nombre de compétences personnelles, je note les plus importantes, à savoir le networking, l’écoute active, l’esprit d’analyse et de synthèse, la gestion de projet, le marketing & la vente et la formation continue.
Pour ce faire, je recommande un bilan de carrière à effectuer avant de devenir consultant, l’idée est de valider si ces compétences sont acquises ou en cours d’acquisition. Si c’est le cas, des formations complémentaires seront nécessaires pour compléter le profil type d’un consultant avant de se lancer sur le marché.
C’est la démarche que j’ai adoptée avant d’entamer ma carrière : un profiling (pour valider si mon style de comportement est compatible avec celui d’un consultant) et un bilan de compétences (évaluation) m’ont beaucoup aidée pour identifier mes aptitudes et mes zones de stress.
Le démarrage aussi peut prendre plusieurs formes. Pour l’amorcer le salarié a la possibilité de le démarrer sous forme de missions free-lance (à considérer comme une période d’essai pour le développement d’outils et l’élargissement du réseau professionnel) et par la suite, quand la décision est prise, il peut quitter le salariat et en faire un métier à part entière.

Quelles compétences clés faut-il développer dans cette démarche ?
• Le networking : les compétences techniques ne sont pas suffisantes pour faire des affaires, tout business solide est bâti principalement sur la qualité des relations avec les clients et avec son marché. Cette règle s’applique aussi sur le consultant. Un consultant qui veut s’installer sur le marché, malgré ses diplômes et son expérience professionnelle, doit d’abord et avant tout disposer d’un premier réseau qui lui fait confiance et le mandate pour les premières missions afin d'obtenir les premières références. Ce réseau devra être nourri, alimenté et fructifié par le consultant à travers un certain nombre d’actions permanentes pour gagner de nouveaux marchés et se développer.
• L’écoute active : j’entends par là l’écoute active des clients et du marché, c’est très important pour un consultant de développer des outils de veille et d’écoute, encore une fois il aura besoin de son réseau professionnel à cet effet, ces outils l’aident soit à développer sa force de proposition de solutions à des problématiques existantes, soit à devenir pro-active en proposant de nouveaux projets répondant à des besoins exprimés ou non par les clients ou le marché.
• L’esprit d’analyse et de synthèse : c'est une compétence très recherchée chez le consultant, étant souvent confronté à des clients qui ont du mal à exprimer leurs besoins ou identifier clairement la problématique, il est aussi amené à mener des diagnostics, à évaluer une démarche, à formuler des recommandations… Que des missions qui nécessitent des capacités d’analyse et de synthèse. D’ailleurs un bon consultant est un magicien qui a plusieurs tours dans son sac, dispose de plusieurs outils et canevas qui vont lui permettre de trier, de sélectionner et d'exploiter l’information pertinente pour mener à bien sa mission. • La gestion de projets : un consultant travaille la plupart du temps en mode «projet» sur ses missions, c’est pour cela qu’il doit être au courant de tous les domaines de connaissances du management de projet (gérer le budget, établir des planifications, communiquer avec les parties prenantes, veiller à la qualité de service…), je recommande vivement les formations en PM : elles sont très importantes pour les personnes qui souhaitent démarrer une carrière en consulting.
• Le marketing/vente : Bien entendu un consultant est un vendeur de prestations de services au quotidien, c’est un dénicheur d’opportunités, un bon consultant est un bon commercial, en déployant des techniques marketing, des techniques de vente… Le consultant arrivera à capter l’intérêt de ses clients, à développer ses relations avec eux, à dénicher des bons de commande et à les fidéliser pour de nouvelles opportunités de collaboration et des recommandations auprès d’autres clients. Sans ces efforts de vente, le consultant sera au «chômage» et sa valeur diminuera sur le marché.
• La formation continue : Un consultant ne peut pas travailler sans outils, et pour les avoir il faut qu’il soit un apprenant en continu, que ce soit à travers ses lectures ou par des formations et/ou ses participations aux évènements professionnels.
Autant d’occasions qui lui permettent de découvrir de nouvelles approches et de s’initier à des outils qu’il pourra revoir, adapter et déployer par la suite dans ses missions. 

Articles similaires

Newsletter :

Version desktop
Copyright © 2018 LEMATIN.ma