Afrique Développement

Le parcours de développement régional du groupe Attijariwafa bank est remarquable. Sa stratégie lui a permis jusqu’ici de couvrir la quasi-totalité des marchés au Maghreb, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Les perspectives sont encore prometteuses. Après son entrée sur les marchés égyptien et rwandais, le groupe est en prospection sur d’autres marchés africains, notamment anglophones et lusophones.

Le Matin : Quel bilan faites-vous de la présence d’Attijariwafa bank en Afrique, après ces dix premières années de développement régional ?
Jamal Ahizoune : En un peu plus de 10 ans, le Groupe Attijariwafa bank aura, en effet, exécuté une stratégie de développement régional, selon une démarche progressive, pour couvrir la quasi-totalité des marchés situés au Maghreb, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. S’il fallait dresser un bilan en quelques points, ce serait incontestablement à travers les éléments suivants : Le réseau des filiales BDI (Banque de détail à l’international) est, en fait, issu de plusieurs opérations : créations, acquisitions de banques publiques à la faveur d’opérations de privatisation, acquisitions auprès d’opérateurs privés ou encore auprès de grands groupes bancaires internationaux. Au fil du développement, des fusions et des transformations, le Groupe Attijariwafa bank aura acquis une connaissance fine des marchés, des tissus économiques et sociaux, partagé les priorités des politiques publiques en matière de développement des infrastructures, de transformation et de diversification des économies. Il aura conseillé plusieurs États dans des opérations de levée de fonds et contribué au financement de projets structurants. Il aura aussi mis en place des mécanismes innovants, en partenariat avec des organismes spécialisés, en matière de partage du risque pour accompagner le tissu de la petite et moyenne entreprise. Le Groupe aura apporté une contribution significative à l’effort de bancarisation des populations en déployant un modèle de banque de proximité, à travers un réseau toujours plus étendu, et une offre de produits et services adaptée aux habitudes de consommation des ménages. Il aura aussi déployé l’ensemble de ses métiers y compris à travers des filiales spécialisées dans les domaines de l’Assurance, le Crédit à la consommation, le Conseil, la Gestion d’actifs, l’Intermédiation boursière, le Transfert d’argent, etc. Attijariwafa bank aura également attiré et/ou accompagné bon nombre d’entreprises marocaines à l’effet de développer leurs activités dans et même au-delà de nos pays de présence. Plusieurs secteurs auront été concernés, à savoir les télécommunications, l’énergie, les BTP, l’agro-alimentaire pour ne citer que les plus significatifs. C’est ainsi que le Maroc est devenu un des tout premiers investisseurs dans la région. Sur le registre des ressources humaines, le Groupe Attijariwafa bank se sera acquitté d’un devoir en matière de recrutement, de formation et de promotion des compétences locales qui font aujourd’hui sa force. Pour ce qui est du poids financier des implantations africaines dans le Groupe, elles représentent d’ores et déjà 30% du bilan consolidé, et contribuent à hauteur de 25% à ses résultats dont la croissance est plus largement portée par ceux des filiales BDI. Nous pourrions en citer beaucoup d’autres, mais ce ne sont là que quelques éléments qui auront marqué le parcours du développement régional du groupe Attijariwafa bank.

2016 a été marquée pour Attijariwafa bank par l’obtention de l’ensemble des autorisations réglementaires pour l’ouverture d’une filiale bancaire au Tchad. Où en est ce projet ?
Après avoir obtenu l’agrément de Bank Al-Maghrib et l’autorisation de l’Office des changes, nous avons accompli les diligences nécessaires notamment en matière de dépôt des statuts et de registre du commerce. Nous avons également introduit notre demande auprès des autorités monétaires de la République du Tchad en vue d’un examen par les autorités réglementaires. Parallèlement, nos équipes prospectent le marché de l’immobilier pour saisir les meilleures opportunités d’installation d’un siège, et de quelques agences à ouvrir pour commencer dans la capitale Ndjamena. Nos équipes en charge du projet sont également à pied d’œuvre pour le dimensionnement de l’investissement, de l’organisation, du système d’information et des recrutements que nécessite le programme d’ouverture d’une filiale bancaire de plein exercice. Le projet suit donc son cours normal dans le strict respect des démarches juridiques et administratives, auprès des autorités compétentes.

En 2016 également, le groupe a réussi sa grande opération de rachat de Barclays Bank Egypt (BBE). Quelle est la stratégie de développement du groupe en Égypte et quelles sont ses ambitions ?
Dans tous nos projets d’installation et quelle qu’en soit la nature, nous nous efforçons de dérouler des programmes de mise aux normes du Groupe et d'assigner à nos présences respectives des plans de développement en conformité avec nos ambitions au profit des pays qui nous accueillent. Dans un marché de 90 millions d’habitants, nous avons, en effet, de grandes ambitions. Il convient de rappeler que BBE est l'une des banques les plus anciennes du pays et qu'elle jouit d'une grande notoriété sur la place. Jusqu'à présent, Barclays Bank Egypt a opéré selon un positionnement de niche en ligne avec la stratégie de sa maison mère. Pour sa part, le Groupe AWB a pour modèle, après prise de contrôle, d'enclencher des stratégies de développement couvrant l'ensemble des lignes de métier qui font sa force sur le marché domestique, et que nous dupliquons sur nos marchés de présence.

Dans son plan Énergies 2020, Attijariwafa bank a mis le cap sur l'Afrique anglophone et lusophone.
Quels sont les premiers marchés cibles ?
Grâce à son expansion et à l’élargissement de son périmètre, le Groupe se hisse au tout premier plan des groupes bancaires panafricains. Fondamentalement inscrit dans cette dimension, le Groupe poursuit, en effet, sa politique de développement à l’international, en explorant régulièrement de nouvelles opportunités de croissance et d’implantation géographique. Vous savez que nous avons un projet en cours de finalisation au Rwanda et le Groupe est, en effet, en prospection sur d’autres marchés africains, notamment anglophones et lusophones, mais un tel investissement s’opère au gré des opportunités qui se présentent et une communication autour d’un autre pays en particulier serait prématurée, ce qui ne préjuge en rien de l’état actuel de nos projets. 

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