Économie

Le géant de la distribution en ligne Amazon va créer plus de 100.000 emplois aux Etats-Unis, au moment même où Donald Trump presse les multinationales de développer leurs activités sur le sol américain.

Avec cette annonce spectaculaire dévoilée jeudi, le groupe de Jeff Bezos vient s'ajouter à la liste des entreprises qui ont annoncé des investissements aux États-Unis depuis la victoire de Donald Trump (Ford, Fiat Chrysler, Carrier...), parfois en renonçant à des projets de délocalisation au Mexique. L'équipe du Président élu n'a pas manqué de se féliciter de cette nouvelle. Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump, a noté que cette annonce intervenait après une rencontre du milliardaire avec plusieurs patrons du secteur technologique mi-décembre à New York. À cette occasion, le magnat de l'immobilier «les avait appelés à garder leur emploi et leur production aux États-Unis», a souligné M. Spicer. «Le Président élu est heureux d'avoir joué un rôle dans cette décision d'Amazon», a ajouté Sean Spicer. Le géant de la distribution n'a toutefois pas précisé si ces créations d'emplois avaient effectivement été décidées après l'entrevue avec M. Trump. Le géant américain, qui ambitionne de développer les livraisons de produits par drone et a fait des premiers pas réussis dans l'intelligence artificielle avec son assistant virtuel Alexia, va en tout cas considérablement étoffer sa force de travail. «Nous voulons ajouter 100.000 “Amazoniens” dans le groupe dans les 18 prochains mois au moment où nous ouvrons de nouveaux centres de stockage et continuons à investir dans des secteurs comme la technologie du “cloud” (informatique dématérialisée, ndlr), l'apprentissage des machines et des logistiques avancées», a commenté M. Bezos, qui a été un farouche opposant au président élu pendant la campagne.

Fondé en 1994, le groupe qui propose également un service de streaming dans 200 pays compte aujourd'hui 180.000 salariés aux États-Unis et, selon son site internet, plus «de 300.000» dans le monde.
Dans son communiqué, Amazon affirme que les nouveaux emplois disséminés aux États-Unis seront à plein temps, assortis d'une couverture sociale «complète» et qu'ils sont ouverts à «tous types» de qualification : des ingénieurs aux concepteurs de logiciels en passant par des postes de manutentionnaire. Pendant la campagne pour la Maison Blanche, le PDG d'Amazon Jeff Bezos, par ailleurs patron du Washington Post qu'il a racheté en 2013, avait eu des échanges très tendus avec le candidat républicain et magnat de l'immobilier. Il avait ainsi émis l'idée de se débarrasser de M. Trump en lui réservant une place dans la fusée d'une autre de ses sociétés, Blue Origin. En retour, le magnat de l'immobilier avait accusé M. Bezos d'utiliser le Washington Post comme «un outil de pouvoir politique contre (lui)» et comme un moyen de pression sur les élus du Congrès pour qu'ils ne taxent pas Amazon «comme ils le devraient». Amazon a été plusieurs fois mis en cause, aux États-Unis et en Europe, pour ses pratiques d'optimisation fiscale qui ont fait fondre ses impôts. Deux jours après la victoire électorale de M. Trump le 8 novembre, le patron d'Amazon avait toutefois spectaculairement changé de ton en adressant ses «félicitations» au Président élu. «Je (...) lui souhaite personnellement le plus grand succès au service du pays», avait-il écrit sur Twitter. L'apparent rapprochement s'était poursuivi à la mi-décembre quand M. Bezos avait participé à la table ronde organisée entre le Président élu et les patrons de la Silicon Valley qui avaient, dans une écrasante majorité, soutenu
sa rivale démocrate Hillary Clinton. 

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